samedi 27 décembre 2014

Vivre à Unguja, côté terre

Côté terre, à la ville de Paje, on voit des enfants heureux qui nous courent après en nous lançant des jambo, mambo, jambo!! C'est limite s'ils se chamaillent pour nous tenir la main. Les petites filles en tenue de princesse portent des voiles multicolores, plus timides et réservées, elles rient entre elles, on peut les entendre dire mzumgus, mzumgus par ci par là! Les femmes, elles nous lancent des "Karibuuuuniiii" nonchalants avec leur plus beau sourire, car côté terre le mzumgu se fait rare. A part en voiture privée ou en 4x4, on ne croise pas beaucoup de touristes dans la rue! 

À Unjuga, comme dans toutes les îles africaines, tous les objets ont une deuxième vie, tout se garde, se recycle, même ce qui nous semblerait inutile! 
Ici on récupère le corail mort, avec une broyeuse on fait des cailloux pour la fabrication de briques des maisons. La broyeuse trie même les cailloux par taille!


Ici, ce sont les hommes qui ont la tâche de la cuisine, et oui!! Ils passent la journée à éplucher des kilos et des kilos de pommes de terre pour les frites du soir! Des petits "snacks" fleurissent de partout dans des villes comme Paje, où le premier repas est à 0,75 cts d'euros soit 1500 shilling! On a tout testé... tout!!! Du poulpe, aux brochettes en plein air depuis 8h en passant par les crudités un peu séchées par la chaleur et même le jus de mangue-fruit de la passion-ananas avec les glaçons locaux, tout y est passé!! Je pense que notre estomac est prêt pour notre passage en Inde et au Népal!! 


D'autres "bwoina" ( monsieur en swahili ) s'improvisent menuisiers! Ils taillent des bouts de bois dans les troncs, puis tressent des cordages pour le dossier des transats, pour l'hôtel d'en face. On n'a vu personne confectionner vraiment de l'artisanat local. Seuls les massaïs font partout où ils vont des colliers de perles pour les vendre sur les plages touristiques!


Vers17h30, le soleil commence déjà à baisser, la place se transforme en vaste terrain de jeu pour les jeunes et les moins jeunes. Ici le football est le sport national, tous les hommes un peu à la mode portent un t-shirt de foot, de préférence de Zanzibar mais on retrouve les maillots de toutes les plus grandes équipes international (France, Angleterre, Argentine, Brésil... ) et national (PSG, OM, Barcelone, Arsenal ...). Autant nous avons un arc en ciel de foulards chez les filles, autant chez les garçons c'est aussi le défilé de couleur à l'effigie de son équipe de foot! 


Se déplacer sur l'île n'est pas un problème, de 500 shilling à 2000 shilling ( de 0,25 à 1€) la course en fonction de la distance! Autant nous avons raqué à l'aller, autant le retour à Stone Town est dérisoire maintenant que nous connaissons les tarifs!! Toute l'île est desservie par les dala dala du levé du jour au coucher du soleil soit 18h30 Max. C'est de loin le mode de transport que l'on a préféré, au grand air! Bon après plus de 25 personnes au lieu de 16 ça devient un peu problématique, surtout quand la personne assise toute au fond souhaite descendre! Ici la pauvreté crève les yeux, mais aucune mendicité dans cette île à 99% musulmane. Les gens acceptent la situation et tout le monde se débrouille pour gagner sa croute comme il peut. L'accès à l'eau n'est pas encore une chose courante dans tous les villages. Pour ce qui est de l'électricité n'en parlons pas! Seuls les hôtels et autres structures hôtelières possèdent ce luxe. Les autres se débrouillent à la bougie. Manger 3x par jour est également un privilège que très peu connaissent. Tout le monde prend en général deux repas, matin et soir. Le midi c'est grignotage de mangue, banane, jaquier, maracuja ou autre sur la route, avec un bon Coca-Cola africain ( encore plus sucré que le Coca-Cola européen, histoire de faire encore des diabétiques même dans les pays pauvres). 



La pauvreté contraste vraiment avec les hôtels touristiques, c'est vrai je radote, pardonnez moi d'insister!!! Mais je trouve ça complètement incompréhensible et aberrant! Comment le fossé peut être si large! Nous mangeons avec les zanzibarites pour 1€ et dormons chez les hôteliers blancs pour 40$ pour notre part, mais l'addition peut monter à 500$ la nuit!!!  L'archipel surfe sur un boom touristique depuis une vingtaine d'années, mais les investisseurs ont vu beaucoup trop grand! Le sud est complètement désert! Mis à part encore à Paje où les kitesurfeurs ont investi la plage. Le village de Kizimkazi est le plus défiguré de tous, la route de gauche pour les deux 5***** et la route de droite pour les pêcheurs, ici le commerce équitable n'existe pas! Les tensions montent dans certains villages, mais ça pour l'instant personne n'en parle pour ne pas affoler les mzumgus qui voudraient profiter des plages paradisiaques de Unguja.

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vendredi 26 décembre 2014

Vivre à Unguja, coté mer

Nous voilà donc côté mer dans la "cohue" touristique de Paje, la Mecque des kitesurfeurs!! On kiffe pas trop l'ambiance board short, avec la mèche ou la casquette au choix qui te regardent un peu de haut, mais bon chacun son univers!!
Malgré tout, le matin, à marée basse, nous avons ce beau spectacle qui contraste, des femmes au sol qui vivent au rythme des marées dans les "champs" de mer, avec les voiles des kitesurfeurs qui tourbillonnent dans le ciel! 


Ces femmes ont beaucoup de mérite, elles travaillent durement assises comme recourbées à ramasser les algues pour ensuite les faire sécher et les vendre pour la fabrication de cosmétique. 


Les garçons courent sur la plage avec de mini cerfs volants qu'ils ont confectionné eux même avec deux bouts de bois, une ficelle et un sachet plastique! Si ce n'est pas de la débrouillardise ça! Ils sont tout sourire, fiers de leur travail. Les filles, elles, aident les mamans à ramasser de minuscules coquillages en grattant le sable avec un bout de bois, pour ensuite les cuisiner!


Le lendemain, on se met à la recherche des clubs de plongée aux alentours, on se rend compte que ce versant de l'île n'est peut être pas l'idéal pour la plongée! La barrière de corail est proche mais il y a tellement de vent et de grosses marrées en ce moment que l'eau est turbide, donc la visibilité ne sera pas super bonne. On se tâte du coup à se prendre nos plongées sur la côte est! En attendant que la météo se calme, on décide donc d'aller voir au nord est et au sud ouest, ça nous fera voir du pays par la même occasion! De dala dala en dala dala, nous découvrons des petits coins de paradis, des hôtels somptueux, indécents même, tellement ils sont VIDES! 


Pas un mzumgu à l'horizon, quelques gardes aux extrémités de l'hôtel uniquement. Certains hôtels sont même abandonnés ou en construction, on ne sait pas. Pourtant il y a des kilomètres de plages de sable blanc à perte de vue inexploité qui font le bonheur des massaïs qui envahissent les lieux! 


Au nord est, nous rencontrons Mohamed qui tresse des nattes avec des feuilles de palmiers sous un cocotier pour l'hôtel en construction peut être, on ne saura pas, il parle uniquement swahili. Quand on le regarde comme ça on dirait un jeu d'enfant, mais une fois assise à sa place, j'ai dû mis prendre à deux fois pour tresser aussi bien que lui de façon régulière et serrée. Toutes les habitations balnéaires sont faites ainsi, c'est joli, typique et pas cher. Quelques mètres plus loin, encore un faré d'abandonné puis un hôtel, on en profitera pour s'y doucher après nos baignades dans l'eau parfois turquoise parfois indigo, la palette de bleu varie tellement chaque seconde avec les rayons du soleil.


Après une après midi en snorkeling au "bleu lagoon", épuisés par le courant, nous décidons d'accoster le ponton d'un magnifique hôtel. Pareil pas un mzumgu, on réveillera même la barmaid en train de dormir sur sa chaise! On a été cons, on aurait du se faire servir un remontant plutôt que poser des questions inutiles pour cacher notre gêne. On en profitera pour encore se désaler plutôt que de se saouler!! 


Tout au sud, à la pointe de l'île, nous découvrons à Kizimkazi, un magnifique village de pêcheurs. Ici pas de marée, l'eau est translucide sur le sable blanc. Les boutres et les bateaux traditionnels à voile rouge se mélangent, l'atmosphère est paisible! On arrive un peu tard pour voir le butin de leur pêche, mais le décor est là. Les filets sont prêts et rangés pour sortir demain. Les enfants se baignent près de nous! Ils veulent tester nos palmes, masque et tuba!
C'est aussi ici que les touristes sont emmenés pour voir les dauphins. Beaucoup de pêcheurs ont laissé tomber leur activité principale pour devenir des fileurs pour ne pas dire traqueurs de dauphins, c'est forcément plus rentable à 30$ l'attraction!! Mais à ce rythme là, je doute que beaucoup de dauphins soient au rendez vous, surtout quand on sait qu'au départ, ils venaient dans ce lagon pour se reproduire!




Nous croisons quelques mzumgus échoués sur leur transat à l'ombre ou à la piscine de l'hôtel, car ici il fait 34 degrés, soit 46 degrés ressenti, avec un indice solaire à +13 ( indice allant en théorie de 0 à 11+). Le soleil est violent ici et l'ensoleillement de 12h/j, donc Lycra et indice 50+ obligatoire. Soumis à un climat 100% équatorial, l'archipel de Zanzibar se tient à l'écart des zones cycloniques, ce qui n'est pas négligeable.
Cette abondance d'hôtels de luxe, ces "all in" pratiquement vides alors que des milliers de zanzibarites luttent pour joindre les deux bouts, où devrais je dire pour juste essayer de se nourrir, se loger et se vêtir décemment, nous remet un peu à notre place!! Cette extrême pauvreté nous indigne quand même pas mal. Le temps de la colonisation est il réellement révolu...? C'est un autre débat!
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mardi 23 décembre 2014

L'archipel de Zanzibar

Peu de gens le savent, mais Zanzibar ce n'est pas une seule île de l'océan Indien mais un archipel formé de trois îles principales Unguja ( c'est elle que l'on appelle Zanzibar ), Pemba et Mafia et de plusieurs autres petites îles.


On voulait arriver sur l'archipel de Zanzibar comme les corsaires d'autrefois à la voile, mais après réflexions et quand nous avons vu le temps que l'on mettrait avec un vieux rafiot tout "magnégné", on a même préféré ne pas être économe et ne pas tester le low ferry ou la barque à moteur 5ch en 6h de traversée, surtout suite au naufrage de nombreux bateaux en 2011, 2012 et 2014... 
Après une courte nuit à Dar Es Salaam cette ville tentaculaire aux 4 millions d'habitants, nous embarquons chez Azam sur le Kilimandjaro IV ( en classe éco biensûr ) pour mettre le cap vers les belles plages de sable blanc! Pour une fois, nous faisons une pure affaire, puisque nous montons en business, incognito, sur ce grand catamaran! On prend place dans de larges sièges confortables dans une cabine climatisée pouvant accueillir 86 personnes sur 620 passagers! Prochaine fois on essayera même la classe VIP, qui ne tente rien n'a rien, après tout!! On se dit finalement, il faut autant accepter les galères que les petits privilèges quand ils se présentent à nous!
Le bateau est lancé à toute allure, mais on a le temps de profiter du spectacle de la criée de Dar Es Salam, certainement la seule chose qui aurait value le coup d'oeil.



Nous voilà partis pour deux heures de navigation au lieu de six en mode détente absolue avec petits biscuits café et thé. On se laisse bercer par le ronron du moteur sans se soucier de rien. On n'a même pas réservé notre première nuit, pourtant, on aurait peut être dû en cette période de fêtes. Nous décidons de passer la ville de Stone Town, nous la visiterons en 2015 avant de repartir vers la route de l'aéroport pour de nouvelles contrées. On arrive donc comme d'habitude dans la cohue des taxis, qui nous prennent vraiment pour des américains cette fois, en voulant nous emmener pour 30$ par tête dans un hôtel de luxe! Le mec n'a rien du comprendre quand on lui a dit que nous cherchions la station des dala dala!! Pour finir on se laisse quand même embarquer par un minibus pour 20$ au lieu de 60$ au départ!! On sent bien que ça va être la grosse galère avec nos 3 gros sacs dans le dala dala. Ici beaucoup de dala dala sont d'anciennes camionnettes de transport de marchandises qui ont été réaménagé avec des petits bans à chaque extrémités pour pouvoir prendre toujours plus de monde.

Comme vous le savez Noël, c'est la haute saison partout, on est sur un taux de remplissage de 40% seulement à cette période dans tout Zanzibar! Mais, tous les guesthouses ou lodges se permettent de doubler leur tarif! Sauf que dans les guides et sur le net c'est écrit nulle part!! Le petit coin de paradis du Pakacha à Bewju vu la veille sur un autre blog à 30$ la nuit, est passé à 65$ pour la période. Quand on explique la situation au propriétaire, et après négociation, il nous congédie en étant juste désolé pour nous! Sympa... Pourtant il n'est même pas plein! Et nous, nous sommes à la rue!! Nous décidons de redescendre sur Paje, qui est une "grande ville" et de faire le tour des lodges à la recherche d'un logement dans nos prix! Après plusieurs échecs de guest houses à 125€ la nuit, on fini par être chaleureusement accueilli par une japonaise, Cindy qui a ouvert récemment the Summer Dream Lodge à 150m de la mer, nous installera dans son dernier bungalow de disponible et nous fera un petit prix! Cindy a même un dortoir pour les "backpackers" à prix dérisoire! Étonnant ici, car on a trouvé des backpackers à 25 ou 30$ la nuit par personne en dortoir! Si c'est pas du vol ça, c'est du bon foutage de gueule!




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vendredi 19 décembre 2014

Le bus en "class Luxury"

Après 2 jours de repos, nous reprenons la route pour rejoindre Zanzibar! Plusieurs options s'offraient à nous : l'avion ou le bus et le ferry! Arriver sur une île en bateau comme les corsaires d'autrefois est en plus excitant que de prendre l'avion, et surtout il faut le dire c'est 10 fois moins cher!
Direction donc la station des bus de Moshi à 06h45, pour un départ initialement prévu à 7h. On connaissait le 1/4 d'heure et la 1/2 heure d'hotsun, on découvre la 1/2 d'heure de ngorika, une des compagnies de bus officielle de l'état, ce n'est que le début d'une très longue journée qui commence!

Pour ce trajet de 8h, nous décidons de prendre la classe "luxury" histoire de ne pas arriver sur les genoux! Nous sommes plutôt bien installés, une vraie place, avec un vrai siège par personne, avec un service de rafraîchissement offert à bord! La classe hein! On se rend vite compte que malheureusement la clim ne marche, mais on a mieux que ça des fenêtres coulissantes et qui coulissent!!! On comprend enfin pourquoi nous sommes en "class luxury" quand nous découvrons le super ensemble dolby sound système avec son écran plat qui nous passent des super séries et des clips à la Shakira remixés en swahili, à 200 décibels!!! Tout ça pendant 8h!! Heureusement nous avons le droit à un petit stop pipi de 3 minutes montre en main à la station Total, après Arusha soit une bonne heure de route. Puis un second arrêt est prévu après une sorte de péage, sur les coups de 11h30, de 15 minutes cette fois, le temps pour tout le monde d'acheter un encas! Cette station ressemble à l'aire d'autoroute de "l'arche" sur l'A1 quand on partait en vacances, en mode africa bien-sûr! Nous sommes contents, le bus est dans les temps, on va réussir à choper le dernier bateau de 15h! A cette station, nous sommes une dizaine de bus de toutes les couleurs, on a bien pris le temps de repérer le notre car il y en a 3 de la société ngorika. Pour le repas, nous avons le choix entre un self ou le traditionnel "kuku chips" ou "kuba chips", l'équivalente barquette de frites de notre baraque à frites din ch'nord avec en plus du mouton ou du poulet. Pas le temps de manger, nous sommes invités a regagné notre bus par un appel au micro! Tout le monde se rue pour ne pas être en retard, de peur que le chauffeur parte sans nous, comme cette maman et ses deux filles qui courraient derrière le bus!! Ça va, pour une fois, ce ne sont pas les mzumgus qui sont en retard!! La route est longue et les séries abominables me cassent la tête, il fait une chaleur de bête, on sue de grosses gouttes sans rien faire, même en dala dala pour aller chez les Massaïs
on était mieux, forcément on roule la porte ouverte, tellement le dala dala était plein à craquer! Le trafic se densifie à l'approche de Dar Es Salaam, nous sommes culs à culs, dans la chaleur, la poussière, les gaz d'échappement et maintenant dans la marée de sprinte que ma voisine de derrière vient de faire tomber! J'adore... Surtout que j'avais enlevé mes grosses chaussures de rando pour éviter de cuire sur place. Nous sommes à l'arrêt encore et toujours, il est 14h, là on commence à se dire, c'est foutu, on l'aura pas. Au moment de redémarrer, on entend un bruit que je connais très bien, comme une pièce qui déraille et un moteur qui tourne dans le vide!! Notre chauffeur n'arrive plus à passer ses vitesses, ni à avancer, ni à reculer, il essaye, réessaye, sans succès. Ça me rappelle mon petit périple de l'embrayage et du volant moteur à Roubaix. Hop... Tout le monde en rang d'oignons sur le bas côté gauche!! Des dizaine de Klaxon fusent dans tous les sens. Certains ont bien compris la situation, les hommes surtout, et se ruent sur d'autres bus à l'arrêt pour monter et faire du forcing! Il ne reste que les mzumgus avec leurs gros sacs et toutes les femmes avec leurs bébés sur les bras, leur sac de riz ou leurs ananas! Le chauffeur est allongé sous le bus à bidouiller on ne sait quoi! Genre, il va réparer un embrayage avec une clé de 12!! Bon faut se bouger, sinon on va y passer la nuit, on espère même plus a choper le bateau qui part dans moins de 10 minutes!! On finit par réussir à s'incruster dans un bus et regagner la ville, où le trafic est devenu super dense dans les deux sens, forcément il est près de 17h30!! Voilà une bonne petite journée qui se termine après 10h de bus, il ne reste plus qu'à trouver un hôtel de "backpackers" pas trop loin du port dans cette mégalopole pas hyper accueillante, pour choper le premier bateau de 07h du matin, histoire de ne pas revivre la même journée pourrie demain!! Enfin qui sait ce que nous réserve demain...!!

Rendez-vous en terre Massaï !

En faisant notre safari et l'ascension du kili, on s'est rendu compte que les massaïs étaient partout! 
Les massaïs sont un peuple indénombrables de nomades. Ils ont été recensé au Kenya mais jamais en Tanzanie. Ils vivent de chaque côté de la frontière qui sépare le Kenya de la Tanzanie par le Kilimandjaro, après avoir migré d'Égypte par la vallée du Nil pour atteindre le grand Rift. Le pays Massaï comprend différentes réserves et sites protégés comme le cratère de Ngorongoro et le parc Serengetti du côté tanzanien. Le terme massaï signifie "celui qui parle le maa", car ils parlent à peine le swahili, mais apprennent l'anglais!! 
Après plusieurs devis faramineux, nous décidons donc de nous rendre seul en terre Massaï sur le village de Kia à 5min de l'aéroport du Kilimandjaro. Pour cela, nous prenons le premier dala dala, nous devenons des pros de la négociation, et nous faisons le trajet pour 2000 shilling par personne soit moins d'un euros pour une quarantaine de kilomètre. Nous savions qu'il y avait un "village témoin" par les différentes agences, mais comme nous n'arrivons à le trouver, nous décidons d'accoster cinq hommes massaïs qui discutent près d'un arbre. Je parle d'un village témoin, car ce village est propre, entretenu, sans déchet et les massaïs sont parés de leur plus beaux atouts prêts à accueillir les mzumgus, et les touristes payent le prix pour les voir chanter et danser. 
Ce que nous ferons sera complètement différent, nous verrons de "vrais" massaïs modernes dans leur quotidien et leur environnement! Après avoir discuté avec le chef de la tribu et contre rétribution bien-sûr, nous sommes invités à suivre les cinq hommes. Ils vivent dans le même village à quelques kilomètres de là. Après trois bons kilomètres en plein cagnard, nous apercevons les premières habitations. 

Jackson nous présente sa mama et sa bibi ( mère et grand-mère ), qui elles ont toujours vécu selon la tradition, elles se présentent à nous avec leur grand collier de perles en disque et leurs longues boucles d'oreilles dont le lobe est tout distendu sur 3cm. 


Puis c'est au tour de son frère de nous présenter sa femme Jenna qui est en pleine construction d'une nouvelle habitation. Les maisons sont faites d'un mélange de terre, de crottes de mulets et d'eau. Cette mixture sèche et durcie très vite au soleil. Elles sont ensuite enduites autour des branchages par les femmes, en forme de hutte ronde circulaire ou rectangulaire. Nous assisterons à la construction d'une maison, on ne comprenait pourquoi ce mulet était enchaîné près d'un sceau au départ! 
Les massaïs réunissent leur bête le soir dans un enclos. A cette heure-ci les grands ( à partir de 8 ans ) s'occupent d'emmener le bétail dans des pâturages. 



On ne parlera pas des rites et traditions comme le fait que les massaïs se nourrissent de sang animal ou de l'excision ou encore la circoncision, j'ai déjà du mal à imaginer ses femmes accoucher sur une natte ou une peau de chèvre à même le sol! Personnellement, à part le porridge et l'ogali ( mixture à base de maïs ), on n'a rien vu d'autres bouillir dans leur marmite cabossée. Ici, les déchets plastiques jonchent le sol et ne seront sans doutent jamais recyclés. Mais leur intérieur est nickel, et tous les autres déchets sont incinérés. Toutes les maisons sont organisées de la même façon, et toutes très bien entretenues avec un rien et à même le sol de la savane! 

C'est au tour de Daniel de nous présenter sa maison et sa famille, c'est le dernier de la troupe . Il a déjà 5 enfants, nous ne savons pas son âge mais il fait assez jeune, genre 25/26 ans. Ce n'est pas le boss du village mais sa maison est plus grande et il a un sommier avec un matelas pour dormir, c'est la première fois que l'on voit ça. Il a même créé une deuxième maison pour la cuisine, qui se fait normalement dans la même maison, mais qui vous asphyxie par la même occasion! Dans la pièce principale, on trouve un grand poster de son équipe de foot préféré Chelsea, avec sous le nom de chaque joueur à titre indicatif leur salaire!! Il y a aussi un petit poste de radio rouge à pile, et surtout un magnifique calendrier très flatteur de Rihanna. Les massaïs évoluent avec la société! Aujourd'hui, ils vivent comme des semi-nomades, ont tous des vieux portables Nokia ou de marque chinoise et des lunettes de soleil bon marché à la mode!

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lundi 15 décembre 2014

Les neiges du KILIMANDJARO ... L'ascension finale !!!


4ème jour
Nous partons pour 8h, c'est notre habitude, enfin avec le 1/4 d'heure ou la demi heure tanzanienne en plus! Aujourd'hui une très longue journée nous attend. C'est LA journée!! Nous grimpons, descendons, remontons, redescendons pour enfin remonter et rester à 4600m à Barafu Hut. Le seul but est toujours de s'acclimater. On ne comprend pas trop pourquoi un tel yoyo, mais c'est le seul moyen d'accéder à notre camp en fait!
La dernière montée est terrible, j'ai la tête engourdie, enfin je veux dire j'ai comme une grosse pierre au niveau de l'occiput qui bat à toute vitesse. Je n'arrive pas à diminuer ma fréquence cardiaque. J'ai l'impression que ma tête va imploser!! Mes forces me lâchent, je lutte, c'est le terme exact! J'ai presque envie de pleurer quand je pense au sommet de cette nuit qui nous attend! Je marche dans les pas d'Edga, tête baissée, je ne regarde pas là haut les porteurs qui marchent encore, eux aussi au ralenti! A chaque fois que JC me parle du dénivelé qu'il reste à parcourir, je n'ai qu'une seule envie, qu'il se taise!! Il accentue encore plus ma douleur physique, ça ne m'encourage pas, au contraire! Je pense que la douleur morale est même plus grande, une fois que le cerveau est mis en route, plus rien ne peut l'arrêter. Il ne faut pas penser, juste mettre un pied devant l'autre et garder le contrôle. Plus de sénéchaux, ni de lobélies pour me divertir, juste de la pierre volcanique cassée de partout, sans intérêt. On marche dans un grand canyon, il y a quand même de belles choses mais il faut lever la tête et ça fait mal... À droite le Mawenzi à 5100m qui est vraiment grandiose et à gauche le sommet carré du Kili enneigé, mais ça ne suffit pas à me sentir mieux.

Mont Mawenzi, 5100m
Je me dis dans quoi je me suis lancée, cette montagne est colossale et à partir de 4500/4600m l'acclimatation est terrible. Nous arrivons enfin à la cabane des registres, Peter nous félicite,mais j'ai franchement du mal à cacher ma souffrance, j'ai besoin de m'allonger pour calmer ma tête, des nausées me prennent. Je dis à JC, ce soir je ne vais pas savoir monter... Et là, il me dit, "chérie ..., on est partis à deux, on arrive à deux, c'est pas maintenant qu'il faut flancher". Je me retiens pour ne pas pleurer, c'est l'accumulation je pense.
Je m'écroule dans la tente en espérant que tout aille vite mieux, JC me fait avaler 1g de paracetamol, j'ai toujours cette envie de vomir et de me taper ma tête contre un mur!!!
J'essaye de me reposer tant bien que mal, je n'arrive pas a dormir et à 17h30 nous devons aller manger!!
Bizarrement la nourriture me fait du bien, j'engloutie mon grand bol de soupe et une plâtrée de spaghettis bolognaise, avec mon habituel demi litre de thé de réhydratation!
L'unique secret de l'acclimatation, c'est bien l'alimentation et l'hyperhydratation.
Il n'est que 19h quand nous allons nous coucher. L'ascension finale est prévue a 23h30!

Réveil de notre micro sieste à 23h, pour un départ à 0h30... Bon c'est l'organisation tanzanienne qui veut ça! On a pris l'habitude maintenant, Hakuna Matata!
Nous partons quasiment les derniers. JC déteste ça! Mais vous commencez à nous connaître, non? Polé Polé, on finira quand même par rattraper tout le monde, sauf 2 américains qui font la voie Machame en 5j, ils sont partis à 22h30 parce dans la même journée, ils vont faire l'ascension finale et redescendre de 5895m à 1800m, l'entrée du parc! J'ai mal à la tête et aux genoux pour eux rien que d'y penser.

Nous sommes hyper équipés, 4 couches pour le bas et 5 pour le haut, je vous explique.
Nous avons un t-shirt longue manche technique très chaud, puis un second moyen, puis un dernier t-shirt à petite manche. Par dessus, nous revêtons notre doudoune puis notre kway. Pour les bas, nous avons 2 collants techniques d'épaisseurs différentes, puis un pantalon de trekking et notre pantalon kway. Nous avons aussi nos nouvelles paires de chaussette en mérinos à 35€ la paire, si si, c'est ça le technique, et nos nouvelles paires de gants en gore tex. À ce moment là, on ne sait pas encore ce qui nous attend. On se sent prêts à attaquer!

Il est 0h28 exactement quand nous partons, nous n'avons qu'à suivre les petites petzel allumées, et il y en a bien une cinquantaine, entre trekkeurs, guides et porteurs!

Je me place derrière Peter notre guide pour être sûre que JC n'accélère pas trop le pas! Je rythme la cadence. Il ne fait pas trop froid mais le vent s'est déjà levé, en même temps nous sommes tellement couvert.
Je refais la même technique qu'avec Edga, je m'interdis de lever la tête pour ne pas être découragée et rester concentrée. Je sais qu'il y a 6h de montée. Nous avançons bien, car nous prenons très peu de pauses pour ne pas nous refroidir et pour pouvoir dépasser les grands groupes qui sont déjà dispersés en accordéon. À chaque pas, le vent s'intensifie, je respire dans ma doudoune pour me réchauffer. A 5000m JC me prévient et a une petite pensée pour son frère car ensemble ils ont fait leurs premiers 3000m et 4000m. On aurait voulu partager ce 5000 avec lui...
Nous avons 1200m de dénivelé pour arriver au sommet donc il faut boire beaucoup pour éviter le mal des montagnes. Sauf que mon camelbak est déjà givré par le froid, en moins de deux heures. On ne se rend pas compte quand on marche, mais la température chute énormément au fur et a mesure que nous montons sur cet immense glacier. Je me retourne pour prévenir JC, et je m'aperçois qu'il est congelé de la tête aux pieds, même ses cils sont couverts de givre! 
Nous n'imaginions pas à quel point il ferait froid. Nous sommes couverts de glace, il fait -20 degrés et les conditions sont extrêmes! 
Quand Peter me félicite à Stella point, nous sommes à 5733m, mon mental me lâche, je fonds en larmes de joie, de soulagement, d'épuisement dans les bras de Bristol. JC est avec son appareil photo, sa go pro et tout son barda, j'aurai tellement aimé qu'il soit près de moi plutôt que de bidouiller je ne sais quoi!


À cette altitude, plus rien n'est pareil, le cerveau tourne au ralenti surtout après un tel effort. Même si nous n'avons jamais ressenti un manque d'oxygène on sait qu'il est diminué de 30%.
Nous avons fait le plus dur!! Nous sommes sur le plateau, il reste moins d'un kilomètre à parcourir dans un décor arctique surréaliste de neige et  de glace pour atteindre "Uhuru peak", liberté en swahili!! Je ris intérieurement toute seule en pensant à ma petite Kallia, en train de chanter la reine des neiges et de faire le château de glace avec ses petites mains! Il faut la voir pour comprendre...
Nous arrivons pile pour le levé du soleil à 6h15, le peak nous attend!
"Congrats guys" nous lancent Peter et Bristol! JC m'embrasse enfin dans un recoin de peau qui n'est pas couvert par mes multicouches! Avec mes gros gants, je dégivre les panneaux pour pouvoir lire les inscriptions : MONT KILIMANDJARO  CONGRATULATIONS UHURU PEAK TANZANIA 5895m/19341feet...
Je suis heureuse, épuisée mais heureuse, d'avoir gravi seule par ma détermination ce géant. Les danois arriveront fatigués mais tout sourire après nous, puis un autre couple de tchèque, tous fiers de leur réussite. Ce n'est malheureusement pas le cas de tout le monde. A la descente, nous verrons un groupe de japonais qui a choisi la voie coca cola se faire tracter par les porteurs, les frenchy de ter d'av ont malheureusement dû scinder leur groupe, seules 10 personnes sur les 15 arriverons à Uhuru peak!


SONG OF KILIMANJARO

JAMBO, JAMBO BWANA, HABARI GANI, MZURI SANA, WAGENI, MWAGARIBISHWA, KILIMANJARO, HAKUNA MATATA.

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dimanche 14 décembre 2014

Les détails du début de notre ascension du Kilimandjaro !!

Premier jour d'ascension
Un tuk tuk nous attend à la porte du twiga home avec nos 6 porteurs, nos 2 guides officiels et Edga que vous connaissez déjà comme traducteur! Nous devions avoir Marie, mais devant son français de base qui était pire que notre anglais, on a demandé à l'agence de rectifier le tir.  
La veille nous avions rencontré Peter pour faire la Check list des choses manquantes, il est impressionné par notre matériel technique ultra light! JC est fier comme un pape! Le technique ça le connaît! Des chaussettes au sac, nous sommes ultra tech!!
Nous faisons un stop au "supermarché" du coin pour acheter des barres hyper énergétiques pour l'ascension finale. Puis un second, pour se ravitailler en viande fraîche!


 Il est 11h quand nous pénétrons dans l'enceinte du parc national Kilimandjaro. Nous sommes inscrits au registre du parc, puis vient l'approvisionnement en eau! Aujourd'hui 3L minimum par personne, il est même précautionné de boire 4 à 5L par jour...

samedi 13 décembre 2014

KILIMANDJARO, le toit de l'Afrique !


Point culminant de l'Afrique avec une altitude de 5 895m, le Kilimandjaro est un massif volcanique dont la cime isolée, couverte de neiges éternelles, surplombe la savane avoisinante.

Massif, comme un vieil éléphant au milieu de la plaine, le "kili" à toujours été une source de mystères et de légendes pour tous les hommes. Le Kilimandjaro du swahili Kilima Ya Njaro, signifie littéralement montagne de la splendeur. Pour les Chaggas, tribu vivant dans la plaine, le "kilima" signifie la colline et "njaro" le démon du froid. Alors que pour le peuple Massais, il signifierait kilimang(n)are : la montagne de l eau et la maison de dieu!
Le gouvernement de la Tanzanie indépendante, lui le renomma symboliquement pic Uhuru, "liberté" en swahili. A chacun sa version et ses croyances!!

Pour nous, c'est avant tout le toit de l'Afrique et l'ascension tant attendu du colosse au pied d'argile! Ne croyez pas que l'ascension se soit banalisée au fil du temps, même si on note l'engouement des trekkeurs du monde entier depuis 30 ans. Bien au contraire, pour ceux qui l'atteignent comme pour ceux qui échouent, c'est une porte ouverte au dépassement de soi. C'est un absolu, la consécration d'un rêve de toute une vie d'un montagnard ( et d'une plongeuse ), que l'on espère pouvoir raconter à nos enfants et nos petits enfants! D'autant plus, quand on sait qu'à l'horizon 2020, il n'y aura certainement plus de neiges "éternelles" si l'on en croit les rapports des scientifiques. 

Alors c'est quoi exactement le Kili???
Agé de 750 000 ans, il couvre une superficie de 388 500 hectares, ce qui en fait l'un des plus grands volcans du monde.  
L'ascension du Kili est avant tout une randonnée. Le long de ses pentes vertigineuses est un véritable tour du monde climatique, des tropiques jusqu'en Arctique. Même avant de franchir les limites du Parc National (au niveau des 2 700 mètres d'altitude), les bananeraies cultivées laissent la place aux forêts de montagne. Plus haut, on rencontre une zone de landes où les hautes bruyères sont parsemées de belles lobélies. Au dessus de 4 000 mètres d'altitude, la vie végétale devient limitée, il ne reste que quelques mousses et lichens. Enfin, les derniers vestiges de végétation cède la place à un décor hivernal, où dominent la neige, le vent et la glace!


Le parc national Kilimandjaro a ouvert ses portes au public en 1977 par la voie Marangu, que l'on appelle la route Coca-Cola, la voie "Easy" parce qu'elle est facile d'accès et confortable!! Elle fonctionne avec des lodges en dur, et peut accueillir jusqu'à 300 touristes par jour! C'est de loin la route la plus touristique, puis s'ouvre d'autres voies, 8 au total, dont la voie Machame que l'on appelle aussi la voie whisky, parce qu'elle est hard comme la première gorgée d'un vieux whisky. Il n'y a aucune limitation de personnes pour cette voie, qui nécessite le matériel de camping et toute la logistique des porteurs. Contrairement aux marocains, les tanzaniens ont préféré faire appel à l'homme pour ce travail plutôt qu'aux mules pour générer de l'emploi et fasciner les mzumgus devant la force et l'agilité des Tanzaniens! Les porteurs iront jusqu'à 4600m au dernier camp avant l'ascension finale.
Il faut savoir qu'environ 6000 personnes par an tentent l'ascension du Kilimandjaro par la voie Machame. Et seulement 60% atteindront le sommet tant convoité! D'autres y laisseront même leur vie. Pour nous, c'est maintenant que tout commence!!

dimanche 7 décembre 2014

Cratère de Ngorongoro

Pour ce safari, nous sommes levés à 4h45 pour décoller à 05h30. Il y a une bonne heure de route pour atteindre la terre rouge, et une dizaine de minute pour accéder au cratère du volcan millénaire, qui lui n'est pas un parc national mais un site protégé de 8200 km2 depuis 1959. Des villages entiers de massaïs vivent ici avec leur troupeau. Pour rentrer à Ngorongoro il faut d'abord s'arrêter à Karatu, la dernière ville pour récupérer nos pass d'entrée! Mais aujourd'hui, c'est samedi, c'est le week-end et donc au lieu d'ouvrir à 07h comme prévu, et bien on doit attendre que le responsable arrive... à l'heure qu'il voudra bien!!! Après 1h30 d'attente, nous récupérons les fameux pass!! En Afrique, il ne faut pas être pressé, c'est Polé polé ( doucement doucement ). La meilleure option aurait été de récupérer les pass hier soir, mais avec l'histoire de l'enlisement du 4x4 d'hier après midi, faut dire que l'on a perdu un petit peu de temps...
8h00 enfin nous pénétrons sur le site, après de nouvelles formalités, encore!!! Ca commence à ressembler à un sketch des inconnus!


Il faut monter à 2300m pour arriver au point culminant pour avoir une vue panoramique du cratère. Nous sommes dans une forêt bordée par des lichens, des mimosas, des hautes fougères, des "immortels", ce sont des petits arbustes plats qui donnent des fleurs blanches ou parmes.
Une fois au sommet, il faut redescendre la forêt pour pénètrer à l'intérieur des 260 km2 de plaine à l'intérieur du cratère. Le décor change de kilomètres en kilomètres, au fur est à mesure que nous perdons de l'altitude. La forêt tropicale humide s'efface pour laisser place à une grande plaine tantôt aride, tantôt verte ou marécageuse. Là, nous découvrons tous les animaux de la savane, réunis dans un énorme espace libre, comme si nous étions au cinéma en train de regarder un extrait du film Disney du roi lion! Il y a des gnous de partout avec des autruches et des zèbres. Des familles de phacochères se baladent sous l'œil aguerri des antilopes qui broutent de la bonne herbe grasse. Un rhino se repose de tout son long parmi les flamands roses ( il fait beaucoup plus frais qu'au lac Mayara, ils sont domiciliés ici à l'année et ne migrent pas! On les comprend le site est tellement tranquille et paradisiaque!). Les gros hippo nous attendent un peu plus loin dans leur swimmimg pool, ils sont une dizaine à se prélasser dans leur boue, ils ont l'air tellement heureux. Tout le monde cohabite dans ce beau petit monde, enfin presque...


Alors que nous étions subjugués par une hyène qui allait attaquer un couple de phacochères avec leurs 5 bébés. On entend le bruit sourd d'un troupeau qui se déplacent dans notre direction. Ce sont les buffles!! Imaginez le bruit d'une horde de 100 buffles galopant face à nous! Awesome!! Woowoo!! Nous sommes bluffés et surexcités, JC active sa Go pro, il est comme un fou! Je n'arrête pas de répéter la même chose... C'est un truc de malade! Il y en a de partout en pagaille, le spectacle est grandiose, nous sommes comme des gosses dans un parc d'attraction!!



Andrew reçoit un message radio!! Un groupe de buffle vient de se faire attaquer par des lionnes en chasse et elles ont réussi à choper 2 gros bestiaux! Tout s'explique!! On comprend mieux pourquoi le troupeau est arrivé si vite sur nous! On se dirige vers l'attroupement de 4x4 pour débarquer sur la scène du crime. 4 lionnes, 4 lionceaux et un gros mâle sont encore sur les lieux! Les lionnes chassent mais c'est le lion qui goûte le repas en premier, une fois rassasié, le reste du clan peut se servir. Une carcasse fraîche git là à côté d'eux. À 10m, un autre cadavre n'a pas été touché. Le lion le flaire, lui tourne autour pour nous montrer qu'il lui appartient et pour écarter les hyènes et les vautours qui voudraient s'emparer de sa proie. 2 lionnes continuent à s'agiter alors que le reste du clan repu entame sa sieste dans de hautes herbes sous un gros figuis synonguy ( faudra vérifier l'orthographe!). On s'aperçoit que le clan est beaucoup plus nombreux que l'on ne croit, une dizaine de lionnes et de lionceaux sont bien déjà installés en contrebas de la rivière!
Le lion et les 2 lionnes rodent autour des 4x4, gros shooting photos pour tout le monde! Simba passe même sa queue à l'intérieur d'un des 4x4. L'excitation est palpable, mais pas seulement, avec nos toits ouverts sur 80 cm, Simba aurait vite fait de s'incruster dans un 4x4 et faire de nous de la chaire à saucisses! 


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Parc Taranguire

Il est 10h quand nous pénétrons dans l'enceinte du grand parc national de Taranguire de 2850 km2, ouvert depuis 1970. C'est essentiellement le parc des éléphants, mais si vous avez de la chance pour pourrez y croiser tous les félins possibles, le buffle, les girafes, et tous les mammifères de la savane. Le décor est complètement différent du lac Manyara, il y a des hectares et des hectares d'acacias parasols et de gros baobab à perte de vue! Mais aussi, de la vraie savane sablonneuse avec de hautes herbes au couleur du blé dites papyrus, qui permet aux félins de se confondre dans le décor.


A l'entrée, on nous badigeonne le 4x4 d'un produit insecticide pour chasser la mouche tsé tsé, car il fait très chaud et elles viennent trouver de la fraîcheur à l'intérieur des 4x4. Il faut une soixantaine de piqures de cette mouche pour s'assoupir 5 à 10 min.

On complétera notre Big Five, avec l'apparition d'un jeune lion solitaire dans la savane. Puis de deux lionnes avec un gros mâle. Par chance, on surprendra un léopard haut perché dans un arbre saucisse, qui venait de terminer son antilope en guise de repas! Il l'a transporté dans l'arbre pour la déguster tranquillement loin des autres félins! Le léopard vit en solitaire et il ne partage pas!
On attendra bien une heure qu'il descende de son arbre! De plus en plus craintif, à cause des 8 4x4 agglutinés autour de l'arbre, il a réussi à se cacher dans la feuillage au sommet de l'arbre saucisse. Nous n'attendrons pas sa descente pour partir, d'autres auront ce plaisir!


On aurait peut être mieux fait de rester un peu plus longtemps, car 500m plus loin, des jeunes remplissaient un camion de sable pour réaménager une partie du parc. La route initiale étant coupée, nous ferons un minuscule croché par la gauche pour rejoindre notre route. Andrew notre chauffeur n'était pas trop d'accord pour emprunter ce chemin, il aurait préféré que le camion se mette sur la droite pour nous laisser passer! Effectivement ... Erreur fatale!! Andrew ne discutera pas face aux 10 gars de l'équipe d'en face, nous suivrons le chemin qu'ils nous indiquent pour aller s'enliser dans le sable!!! Et là c'est gros soucis Matata!! Mais tout le monde garde le sourire et pas d'embrouille! Ici le mot d'ordre c'est sérénité et entraide, même si Andrew affiche clairement une mine boudeuse!! D'abord à la pelle, tout le monde s'affaira pour dégager la roue arrière gauche enfoncé sur  20 cm. Aucun succès... Car au moment de redémarrer, le 4x4 s'embourbera carrément encore plus, cette fois c'est la moitié de la roue qui est figé dans le sol! Il fait une chaleur de bêtes, les hommes dégoulinent.
Rapidement on devient l'attraction du parc, mieux que les lions et le léopard dans l'arbre, nous devenons la cible des autres touristes qui descendent de leur 4x4 pour assister à la scène et mitrailler de photos! Il faut dire que cette histoire à aussi formé un sacré bouchon en amont et en aval de la piste! Pas moins de 6 4x4 à l'avant et 8 à l'arrière attendent que la situation se débloque. Nouvel essai, de nouveau c'est parti pour dégager la roue à la pelle, puis avec des grosses cales en bois, et des troncs d'arbres trouvés ça et là pour essayer de faire levier. Andrew, dépité remets la clé dans le contact et avec le coup de mains de 20 personnes, il finira par s'extirper de ce trou!! 
Tout est bien qui fini bien, Andrew retrouve le sourire et il est même d'humeur à déconner! Hakuna Matata!! C'est ainsi que ce termine notre journée au parc Taranguire!!


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Lac Mayanra

Il est presque 12h quand nous arrivons au parc, après les formalités usuelles, nous pénétrons au panorama campsite, un des cinq camps du lac Manyara, c'est là où nous logerons cette nuit. C'est très calme, nous sommes le 3 ème couple à débarquer et il n'y en aura pas d'autres après nous! Actuellement c'est la base saison, mais de juin à octobre le camp est généralement plein, il peut accueillir jusqu'à 80 personnes! Autant vous dire que nous sommes bichonnés par tout le staff.


Karibu au parc Manyara, ici vous pénétrez dans l'enceinte d'une forêt tropicale d'un vert éclatant tellement il a plut en novembre. Bercés par le chant des cigales, nous sommes accueillis par une famille d'une vingtaine babouins ou les papions anubis, ils ne sont vraiment pas farouches. Ils nous observent en se dépouillant mutuellement, les mamans plus craintives portent leur bébé sous leur ventre et filent vite se cacher dans les grands figuiers. Les papions sont les plus grands des babouins. Ils sont solidement taillés, surtout le mâle dominant de la troupe! Avec leur postérieur rouge écarlate et leur pelage rêche et grisonnant, ils portent bien leur nom disgracieux!


Puis, c'est au tour des éléphants de faire leur apparition, impossible de les manquer, ils sont une dizaine aussi en troupeaux avec leurs deux éléphanteaux! Impassibles ils mangent les feuilles des arbres saucisses du haut de leurs 3 mètres de haut, ces 6 tonnes se déplacent tranquillement en fouettant leur queue et en agitant leurs grandes oreilles. Quand ils déploient leurs oreilles, on dit qu'elles ressemblent à la carte de l'Afrique! Ces herbivores peuvent vivre jusqu'à 70 ans! Ils détiennent le record de longévité du royaume de la savane!
Le cortège continue!! Nous verrons plusieurs familles d'éléphants sur notre parcours, ils viendront même troublaient le sommeil d'un léopard qui était assoupi près d'un cours d'eau.


Après ça, viennent les girafes massaïs, leurs taches brunes sont irrégulières, comme des feuilles déchiquetées sur un fond fauve. Elles gardent leur distance et ne s'approchent pas des gros 4x4. Elles aussi se déplacent en famille par 3 ou 4. Ces herbivores de 6m de haut et de 850 à 950 kilos peuvent vivre jusqu'à 45 ans. Elles sont majestueuses, on a l'impression qu'elles nous observent. Elles nous fixerons sans bouger d'un poil pendant notre shooting photo! Puis retournerons à leur broutage de feuilles d'acacia parasol à écorce jaune.



Dans la plaine du Rift, on peut apercevoir des phacochères, des gnous à barbe blanche, des zèbres et de nombreuses variétés d'antilopes, les impalas, les nagos, les bicbics.
Les antilopes fonctionnent en troupeau, c'est le mâle dominant qui dirige à lui seul le clan de 30 à 40 femelles!
Au loin, aussi on verra le Buffalo, on sent bien qu'il domine la plaine, les autres mammifères gardent leur distance face à ce molosse d'une tonne et demie.
Puis, nous apercevons les singes verts ou vervets, ce sont des singes de taille moyenne et de couleur claire au pelage soyeux, leur particularité est leur scrotum bleu clair et leur penis rouge vif!!! 



Un clan d'une trentaine de mangoustes rayées font leur entrée dans une pelouse bien grasse et humide. Ébouriffées avec leurs rayures transversales bien visibles et au museau pointu, elles sont très curieuses!! Elles se tiennent debout dans leur pâturage pour mieux nous observer et nous permettre un nouveau shooting photo! 
Avec 360 espèces d'oiseaux, nous verrons le galao huppé avec sa houppette blanche, le galao nasique avec son bec recourbé, galao terrestre à la gorge rouge, le jabiru sénégalais grand et majestueux sur ses grandes échasses, le marabout avec son gros gloire rougeâtre, les oies d'Egypte, les grues royales avec leur crête blanche, les autruches Massaïs, de grosses pintades communes et tellement d'autres dont on a pas retenu le nom!
Malheureusement, on ne verra pas les fameux flamands roses du lac Manyara qui donnent l'illusion que le lac est rose. Ils ont déjà migré au lac makuru au Kenya pour de meilleurs pâturages.
Les hippopotames resterons cachés dans le lac, de temps en temps on verra une énorme gueule s'ouvrir quand l'un d'eux se met à bailler ou on apercevra un gros dos rond sortir de l'eau, mais ils attendent la nuit complète pour se balader!

Jusqu'à la tombée de la nuit nous profiterons pleinement de ce petit parc de 335 km2 ( dont 230 km2 de lac ), parce que oui, c'est l'un des plus petits parcs de Tanzanie!!

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En chemin faisant ...

Après une bonne nuit de 14 heures, il fallait au moins ça pour récupérer, nous sommes fin prêts pour le début de notre safari! Edga et Babou sont à l'heure, ils viennent accompagnés de Andrew et son gros 4x4 8 places Landcruiser !

08h30, les lunch box de ce midi sont prêtes, notre tente, les duvets, tout le matériel de camping et les sacs sont chargés, direction le lac Manyara. Nous prenons l'unique route du Nord goudronnée, la route des parcs! La route est bordée de plantation de café arabica et robusta, en avril il faudra ramasser les graines. Il y a aussi de grands acacias tanzaniens avec de nombreuses ruches suspendues à leur grosses branches, des flamboyants et des mimosas. La terre n'est pas aride comme en été. C'est très vert, grâce aux dernières pluies du mois de novembre.


En chemin, nous traversons quelques villes mais aussi les premiers villages Massais. Trois Massaïs sont en bord de la route, ils attendent Le touriste Mzumgu pour faire des photos contre une pièce, ou des billets pour faire visiter leur village et partager une journée traditionnelle. Savez vous pourquoi les Massaïs sont habillés de châles bleus indigos ou rouges carmins? Rien à voir avec la tradition ou l'appartenance avec une tribu. C'est parce que ces deux couleurs sont peu salissantes. Les Massaïs sont un peuple nomade, ils attendent la pluie pour se laver. Pour s'hydrater ou cuisiner, les femmes vont en ville, elles font parfois 10kms par jour avec le taxi Massaï : la mule! C'est elles aussi qui s'occupent de construire les maisons et de les entretenir. Les enfants eux gardent les troupeaux, très peu vont à l'école, qui est normalement obligatoire en Tanzanie. Mais comme ce sont des nomades, ils sont obligatoirement libres..., de ne pas aller à l'école!! Pendant ce temps là, les hommes eux sont libres de vaquer à leur occupation...! Sur la route, il y un village tenu par un homme et ses huit femmes. Avec ses 42 enfants au total, il vivent en autarcie complète, ils ont même construits leur propre école pour que tous puissent bénéficier d'un minimum d'éducation!   

Aujourd'hui jeudi, c'est le grand marché. Les tanzaniens viennent vendre leurs produits manufacturés et leurs fruits et légumes aux Massaïs et à l'inverse les Massaïs leur vendent leurs bêtes. Un échange de bon procédé! A peine le pied hors du 4x4, nous sommes repérés, après les Karibu et le django ( bonjour ) viennent les petits vendeurs de babioles pour nous présenter l'artisanat local! 
Ici, on trouve de tout, nous avons fait la découverte des chaussures Massaïs, elles doivent pouvoir résister aux épines des forêts tropicales! Pour cela, elles sont faites avec des pneus usés, il existe toutes les tailles du deux ans à la taille 46! On aurait voulu les essayer mais on a pas osé demander pour ne pas les vexer.


Puis, il y a le marché traditionnel de fruits, légumes, poissons séchés, épices et alcools, je vous rappelle que la majorité des tanzaniens sont chrétiens, sauf sur zanzibar où il y a 90% de musulmans! On en profite donc pour goûter 2 alcools, du vin à base de banane et du Mbegé à base de mil, avec grande modération quand même car tout ça c'est du pur local, fait devant nous dans le gros chaudron et c'est super fort. Il est 11h après tout, c'est l'heure de l'apéro! 


Au marché, Babou fait ses petites courses : fruits du baobab, mangues, bananes jaunes rouges et plantains, fruits à pain, riz, maïs, poissons séchés! On lui a dit à notre Babou, best cooker, nous on veut manger local, c'est pas la peine de nous faire des frites poulets comme aux américains!!

samedi 6 décembre 2014

Arrivée en Tanzanie !!

C'est parti pour de nouvelles aventures! Direction la Tanzanie! La destination tant attendue pour tous les deux, et grâce à laquelle nous nous sommes rencontrés!! Et ouiiiii!! C'est le kili qui nous a réuni!
Après 22h de voyage, du tram, du train et 14h de vol, de Casablanca en passant par Le Caire puis Dar Es Salam, nous voilà enfin à Kilimandjaro!! Ça se mérite le kili, et le meilleur reste à venir! Nous sommes super frais et surexcités, merci à Egyptair, grâce à qui nous avons pu allègrement dormir. Nous étions à peine 50 pour 150 places dans l'avion! Autant vous dire que c'est comme si nous étions en business class! Notre dernier vol arrive enfin, nous sommes en route depuis plus de 20h! C'est à bord d'un petit coucou à hélices que nous survolons la Tanzanie, autant vous dire que c'est un vol à sensations fortes tellement les cumulonimbus sont énormes!
En sortant de l'avion, nous ressentons cette chaleur humide qui nous enveloppe, signe que nous sommes bien en Afrique dans l'hémisphère sud! Le temps est couvert mais il ne fait pas froid pour autant, presque 30 degrés..., le kili est caché par les nuages, mais nous aurons tout le temps de l'apprécier et de le découvrir dans 4 jours au retour de notre safari!



Karibu Tanzania! Nous sommes accueillis par Alli et son équipe, composée d'Edga notre guide francophone et Babou notre chef cuisto pour le safari. Ici, comme à Mayotte on parle le swahili, j'ai donc quelques bases de vocabulaire. Nous sommes les mzumgus, les blancs! Edga est mort de rires quand je lui dis que JC est un mzumgu et moi une mzumguette!! Edga a appris le français à l'école, rares sont ceux qui prennent cet option au collège! La langue officielle est le swahili mais l'anglais est obligatoire dès la maternelle. La Tanzanie était sous protectorat des anglais jusqu'en 1961, date à laquelle le pays est devenu indépendant. Edga est guide de père en fils depuis 10 ans! Il travaillait avant avec ter d'av et nomades, puis il a pris son indépendance avec Alli, ça paye mieux.

Nous sommes emmenés au centre ville d'Arusha à bord d'un mini bus ( un dala dala ) pour prendre possession de nos quartiers. D'abord direction le bureau de change, ici la monnaie est le shilling tanzanien, avec 500 dollars nous sommes presque millionnaire!
Arrivés à notre hôtel, sans parler swahili on comprend direct qu'il y a un problème... Apparement il n'y a pas de chambres dispo pour nous!! Heureusement que nous avons pris un transfert avec l'agence sinon nous serions restés sur le carreau! Mais ici, c'est Hakuna Matata, pas de soucis!! Il faut dire que les tanzaniens sont calmes et posés avec beaucoup d'humour. Ils ne se disputent pas pour des broutilles et vivent dans l'entraide et le partage. Le symbole du pays est la girafe, parce que comme eux, elle est réputée pour être gentille et sereine. Au Kenya, le symbole du pays est le lion, ça veut tout dire... agressif et paresseux, selon Edga!!
Alli, le chef de l'agence nous "surclasse" dans un autre hôtel un peu plus loin du centre ville au calme, au J&V Palace!