dimanche 27 septembre 2015

La MAFIA des tuktuk dans le monde!!!


Dans TOUS les pays du monde, je dis bien TOUS sans exception, ils sont là, ils nous attendent à chaque sortie de bus, de ferry, de slow boat, ils nous hèlent dans la rue comme du bétail, se jettent sur nous à la sortie de notre guesthouse, ils sont insistants voire parfois désobligeants, ils n'hésitent pas à tripler leur prix quand ils voient notre tête de blanc bec pointer le bout du nez : ce sont les tuktuk, les moto-tripodes, les rickshaw, les trishaw ( ou autre appellation ) qui veulent se faire du pognon sur le touriste fraîchement débarqué dans un nouveau pays! Alors, on a décrété, de dénoncer la MAFIA des Tuktuk dans le monde et surtout de les boycotter!



Petite définition du fameux tuk-tuk : le tuktuk est une motocyclette à trois roues qui a été le symbole de l'Asie depuis plus de 50 ans. Son nom lui vient du bruit mystérieux de son moteur!!! Et oui, dans le tuktuk faut un peu crier pour se parler, tu as toujours l'impression qu'il y a une pièce qui va lâcher à n'importe quel moment!! Et ça nous ait déjà arrivé 2 fois en 10 mois, en Inde et au Laos, et bizarrement à chaque fois que l'on allait à la gare des bus! 

En variante, et on les préfère de loin, car ils utilisent la force de leur corps, vous trouverez aussi les pousse pousse et les cyclo-pousse pousse, mais tout aussi arnaqueur!!




Alors, pourquoi ce petit coup de gueule, après 9 mois de voyage, et pas avant! Certainement parce qu'il y a eu des périodes d'accalmies, non pas de la MAFIA, mais du fait de notre itinéraire. En effet, après le Sri Lanka, souvenez vous, nous sommes partis en Russie, puis en Mongolie et enfin en Chine, dans la continuité du transsibérien. Et c'est vrai, qu'en Russie comme en Mongolie, il n'y avait pas de tuktuk, le tarif s'effectue aux kilomètres, c'est clair, net et précis! La Chine est tellement bien desservie que l'on a jamais eu recours à un tuktuk. 

Puis, nous sommes partis en Inde, où la quand même ça était le pompon je pense! A notre arrivée, un indien négocie pour nous un cyclo-pousse pousse pour nous rendre à notre Hotel dans la folie de Delhi! Le prix était élevé mais restait encore correct 80 roupies à 2, pour 4kms en plein bouchon, soit pas loin d'une heure. Arrivés à notre hôtel, le coquin nous dit que l'on a mal compris, c'est 80 roupies par personne! On finit par céder, on lui tend un billet de 200 roupies, et là, il nous dit qu'il n'a pas de monnaie et se casse!! C'est ce qui s'appelle une belle entrée en la matière, Welcome to Incredible India!! Un peu moins de 3€ le transport, alors que c'est le prix d'un logement! Ah bah, il a gagné sa journée celui là! Une fois aussi, à force de négociations, nous avons loupé notre bus, ce n'était pas gênant puisqu'il y en a toutes les heures, mais quand même! Le pire, c'est quand même, quand un tuktuk te demande 200 roupies la course de 3 ou 4 kms, et que tu viens de faire un trajet de 300 kms en bus pour 170 roupies!! Pourtant, le gars, il te voit descendre du bus local tout pourri sans clim, il vient te cueillir, donc il le sait que tu as payé une misère pour voyager, mais il te croit assez con pour payer son tuktuk, alors il tente!


Nous avons ensuite assez voyagé paisiblement, il faut le dire au Myanmar, puis en Thaïlande! Je me permets de faire quand même un petit aparté, sur Bagan, au Myanmar, là où la mafia commence aussi à s'organiser! Je vous explique...Tous les bus arrivent à Bagan à 3h ou 4h du matin à la station de bus, à 7kms du centre ville! Et là, les verreux vous attendent : les taxis!! A coup de 12$, pour 3!! Ils nous voient vraiment venir! Ils nous ont même interdit de partager un taxi avec d'autres touristes! On marchera pas très longtemps dans la nuit noire, et on cédera à 8$ au lieu de 12...


Ce soir, nous sommes fraîchement débarqués au Laos par la frontière terrestre thaïlandaise, et ça recommence de plus belle! Des prix fois deux, fois trois plus chers, d'entrée de jeu! À la frontière laotienne, on nous réclame 25 000 kips par personne, soit environ 2,5€ pour 6 kms en tuktuk collectif! Et bien, non!! On ne montera pas, avec les moutons de Panurge, on préfère marcher avec nos gros sacs!! Et hop, 300m plus loin, un tuktuk à moitié prix, si c'est pas merveilleux!



Alors voilà, on fait un appel à la population, à vous, voyageurs lambdas, tourdumondistes, familles, vous qui voyageaient aux quatre coins du globe, mobilisez vous, dites NON, NON à cette MAFIA des tuktuk qui sévissent dans le monde entier! A cette secte, qui pratique des prix indécents, par rapport au niveau de vie des populations locales et qui n'hésite pas à nous prendre pour des bœufs! Dites NON, marchez un peu, faites vous les mollets, adoptez la "foot foot" attitude et trouver le juste prix; en attendant, qu'un jour des prix fixes soient pratiqués partout dans le monde!! On peut quand même rêver un peu et se laisser bercer par de douces illusions, hein!! 


Bref, si vous vous expatriez à l'étranger, monter une agence de tuktuk, peut s'avérer être un véritable bon business, très très fructifiant!!
Bye Bye pour de nouvelles aventures, prochainement on vous raconte nos premiers pas au Laos... SABAÏDEE !!

vendredi 25 septembre 2015

Chiang Rai entre nature luxuriante, minorités ethniques et triangle d'or

Comment ne pas tomber amoureux de la ville de Chiang Rai et de ses montagnes environnantes? Beaucoup moins peuplée que la grande Chiang Mai, et beaucoup moins touristique également, ici on se sent bien, un peu comme à la maison. Nous avons posé d'ailleurs nos sacs "chez nous", cette petite homestay de 4 chambres, toutes en couleurs, tenue par un couple franco-thaï, à 100m de la gare routière, en plein centre ville, idéal pour rayonner dans la région. 

La région de Chiang Rai a surtout fait parler d'elle à cause du Triangle d'or. Situé au croisement du nord de la Thaïlande, du Laos et du Myanmar, l'or est en fait un surnom pour l'opium qui circulait allègrement dans la zone. Le trafic y est encore présent mais en toute discrétion, car puni de 2 ans d'emprisonnement allant jusqu'à perpétuité, si vous êtes pris!

C'est ici, en 1434, dans le temple de Phra Kheo, que l'on a découvert le fameux Bouddha d'Emeraude, aujourd'hui conservé à Bangkok ( que l'on verra fin septembre après notre boucle de 3 mois en Asie du Sud Est ). On vous conseille de ne pas manquer la visite du Wat Rong Khun dit aussi le temple blanc, une œuvre récente de 1997, de Chalermchai Kositpipat, qui symbolise la pureté du bouddhisme. Ambiance couchée de soleil pour une sérénité garantie.




On ne peut pas nier la beauté des temples en Thaïlande, mais plus que tout au monde, nous ce que l'on aime c'est le contact avec la population! Comme nous avons toujours cette soif de connaissances envers les minorités ethniques, on se rend au Hill Tribe Muséum. Ce petit musée est vraiment très instructif grâce à sa vidéo d'une vingtaine de minutes sur les 6 principales ethnies de la région, on vous les présente :

Les Karens sont originaires du Sud-ouest de la Chine qu’ils ont quitté pour s’installer en Birmanie voisine. Ils migrent ensuite en Thaïlande pour fuir les combats entre Thaïs et birmans. La très grande majorité des Karens vit aujourd’hui à l’ouest du pays le long de la frontière Birmane. C’est le groupe ethnique le plus important de Thaïlande, soit environ 500.000 individus. Les Karens cultivent le riz, les fruits et légumes et élèvent quelques cochons, buffles et poulets. La tenue traditionnelle des femmes est un sarong brodé accompagné d’un gilet assorti.

Les Hmongs sont environ 200.000 en Thaïlande. Ils sont originaires du Nord de la Chine (où ils y vivaient déjà il y a 3000 ans), mais sont arrivés en Thaïlande après avoir vécu au Laos. Etablis dans des villages d’altitude (le plus souvent vers 1000-1500m), ils cultivent le maïs, le riz et des fruits, cultures de substitution à celle du pavot dans laquelle ils étaient fortement impliqués avant son interdiction au milieu du XXème siècle. La tenue traditionnelle des femmes se compose d’une jupe plissée en coton ou chanvre, d’un tablier et d’une veste de velours décorés de motifs géométriques brodés et de tresses ornées.

Les Yao sont originaires du Sud-ouest de la Chine et se sont installés en Thaïlande à partir du Laos. Ils commencèrent leur émigration vers le sud au XIXème siècle. Arrivés un siècle plus tard en Thaïlande, ils sont surtout installés dans le Nord-ouest, à proximité du Laos. Leurs villages se situent en général au dessus de 1000m d’altitude et jamais en dessous d’un village d’une autre ethnie. Pour le nouvel an et les jours de fêtes, les femmes arborent de nombreux bijoux en argent (bracelets, colliers, chaines, pendentifs). Elles en profitent également pour arborer leur tenue traditionnelle surtout reconnaissable à un long turban et un boa rouge vif.

Les Lahu sont issus de la principale tribu du groupe ethnique Tibéto-birman qui comprend aussi les Akha et les Lisu, soit 120 000 personnes. les Lahu partagent avec ces tribus une langue similaire, des caractéristiques socio-culturels proches et une origine commune. Ils quittèrent la Chine au XVIIIème siècle, où ils étaient installés dans la province du Yunnan, pour se rendre d’abord en Birmanie puis en Thaïlande. Ils occupent principalement l’extrême nord du pays de Mae Hong Son au Traingle d’or, le long de la frontière Birmane. Souvent installés à plus de 1000m d’altitude, les Lahu cultivent le riz et le maïs après avoir cultivé le pavot pendant des décennies. Ils possèdent également du bétail. A l’occasion de certaines fêtes (Nouvel An en Janvier et Février par exemple), les femmes revêtent un costume traditionnel composé d’une veste et d’un sarong brodés de formes géométriques.

Les Akha viennent initialement du Sud-ouest de la Chine, avant d’arriver au début du siècle précédent, dans le Nord de la Thaïlande, ils se sont installés en Birmanie. La majorité d’entre eux est d’ailleurs resté là-bas. La Birmanie compterait environ 350.000 Akha contre un peu plus de 70.000 pour la Thaïlande. C'est dans la région de Chiang Rai que l’on retrouve la majorité des villages, en basse ou moyenne altitude. La tenue traditionnelle Akha est particulièrement belle et typique. Elle est reconnaissable à une coiffe de forme différente, conique ou ronde, incrustée de boutons, de pièces, de perles et de pompons. Le reste de la tenue se compose d’une veste et d’une jupe noires agrémentées d’une ceinture et de jambières brodées.


Les Lisu sont arrivés dans le Nord dans la seconde moitié du XXème siècle. Ils ont commencé par cultiver le pavot pour ensuite se concentrer à la culture sur brulis en altitude (riz, maïs, patates, haricots). Les hommes sont réputés très bons chasseurs. Surtout présents le long de la frontière Birmane entre Mae Hong Son et Chiang Rai, les villages Lisu se situent à 1000m d’altitude à proximité de rivières. La tenue traditionnelle Lisu se compose d’une jupe noire et d’une grande tunique reconnaissable à ses bandes orange au niveau du cou et des épaules. Lors des fêtes, les femmes se parent également d’un gilet en velours orné de centaines de boutons argentés et d’une coiffe rouge caractéristique.

A partir de là, on sait que ces ethnies existent bel et bien; ici elles sont protégées par des ONG, qui organisent des tours sur mesure à la journée, en petit groupe! Et forcément, comme ce n'est pas un business "zoo humains", tout ça à un coût, que l'on ne peut pas se permettre malheureusement ( 1200 bahts/p la journée = 30€ ). Mais on sort de cette visite, heureux et satisfaits de savoir qu'ici, ces personnes ont des droits et des devoirs qui respectent la convention des droits de l'homme. Et, on va pas vous mentir, en consultant les feuilles d'excursion, on a pris quelques petits repères pour aller à la rencontre des Akha, mais pour ça, il va falloir en faire des kilomètres et se perdre mais bien comme il faut dans les petits chemins boueux de montagnes!


Et c'est ce que l'on a fait, toujours avec notre bécane, on a parcouru les plus beaux paysages de Chiang Rai, allant jusqu'à la frontière birmane, à travers les champs de rizières, toujours face à de somptueux paysages et ne lâchant rien!!! Entre cascades, jungle luxuriante ( et serpents ), champs de thé, des sourires mais aussi des fous rires, nous avons fait de belles rencontres chez les Akha 







Côté culinaire, nous avons dégoté THE restaurant, l'incontournable restaurant de Chiang Rai appelé le BBQ. Pour le trouver, il suffit de demander la rue du marché du dimanche!! A ne pas confondre avec le night bazar qui est vraiment un marché attrape touristes, sans intérêt!! D'ailleurs, ici il n'y a que des locaux. Le principe du restaurant est simple, on cuit ses aliments soit dans un bouillon soit en grillade, au choix! Certains appellent ça barbecue d'autres fondue. Et c'est à vo-lon-té, ce qui est plutôt rare, pour la somme de 200 bahts ( 5€ )!! Au menu, bœuf, poulet, cœur de canards, porc, dorade, poulpe, calamars, etc... Idéal pour les viandards du Sud Ouest!!


mardi 15 septembre 2015

Thaïlande : Rencontre des minorités ethniques..., entre zoo humains et parias de la société !

Il était difficile pour nous de quitter la quiétude du Myanmar, on savait que la Thaïlande serait différente. Malheureusement, nous avons quelques préjugés à ce sujet, certainement à cause de tout ce que nous avons lu dans d'autres blogs et aussi par les reportages sur cette nouvelle destination à la mode. Nous voulions nous faire notre propre opinion, et maintenant que nous y sommes, nous voyons de nos propres yeux... Passer la frontière birmano-thaï est un retour au matérialisme de l'univers. Y paraît que l'on appelle ça le progrès...!! Ici, en Thaïlande, on roule 4x4 Hummer, Hullix et tout un tas d'autres mastodontes polluants! On se sent brutalement revenir à la civilisation occidentale. Fini le charme des habits traditionnels, fini les Mingarlabar, les larges sourires, ici nous ne sommes plus des voyageurs des temps modernes, nous sommes de simples touristes parmi des milliers d'autres!

On se rend à Chiang Mai, la 3eme plus grande ville de Thaïlande. Ces dernières années, Chiang Mai est devenue une ville de plus en plus moderne. La ville propose beaucoup d'attractions pour les milliers de touristes qui viennent tous les ans. Ici on ne fait pas un pas, sans entendre "sir tuktuk" ou "madame massage". Dans les rues, il y a plus d'européens que de thaïs! Et pourtant nous ne sommes qu'en basse saison.

Après quelques visites des sempiternels temples ( non payants bien-sûr ) dans  Chiang Mai, du night bazar, et de son "carré touristique" ( le centre forme un carré sur la carte ), on décide d'échapper à la foule. Notre premier réflexe est donc de louer un scooter pour s'éclipser et visiter par nous même un petit village des membres de l'ethnie Karen et notamment les femmes Padaung, dites les "longs cous" que certains appellent vulgairement les femmes girafes. On pensait les voir en état Karen au Myanmar, du coup on se rattrape ici! Et là, je ne vous cache pas notre grosse grosse déception à tous les deux... Après une heure de scooter, on sort de la route goudronnée pour arriver sur un petit chemin en terre, on comprend vite la mascarade quand on voit un guichet d'entrée!! Dans quel piège nous nous sommes fourrés! Après un long débat, on décide tout de même de visiter le village. Et là, forcément on découvre le business des "zoos humains" tenu par un thaï véreux qui s'enrichit sur le dos des petites ethnies. J'ai une sacrée boule au ventre, quand je vois ces gamines déguisées et ses petites mamies au bout du rouleau qui s'efforcent malgré elles de sourire, dans ce faux village, qui n'est qu'en faite une boutique de souvenirs, où des jeunes filles tissent des étoles à longueur de journée!




On s'installe avec une grand mère et sa petite fille qui semblent ouvertes à nos sourires, et on "discute" du pays. On parle grâce à notre petit répertoire birman que l'on pas oublié. On leur montre nos photos du Myanmar, les pagodes, les paysages, la vie quotidienne...! Mamie reconnaît son pays. Je ne sais pas ce qu'elle ressent à ce moment là. Mais, nous on se demande, qu'est ce que l'on fou ici, avec ses gens déracinés, enfermés, voués à cette vie!! On finit nos bonbons birmans ensemble et on se quitte avec des "tchézoudebalé", toujours la boule au ventre, pour elles, pour toutes les minorités, et tous les réfugiés du monde entier... Sujet qui sera toujours d'actualité, ici et ailleurs dans le monde, n'est ce pas... A boycotter!! Shame on you!! 


Le lendemain, on ne se démonte pas, on reprend le scooter pour se perdre dans les villages de montagnes, cette fois où sont censées vivre un grand nombre d'autres minorités ethniques... Les paysages nous ravis, on fait bien 60 bornes pour y aller, puis on pose ensuite le scooter derrière un buisson, dans le village de Ban Mae Mut, pour se faire une randonnée dans les montagnes. Cette randonnée est vendue par les T.O, mais il est très facile de la faire par vos propres moyens. Il suffit juste de se rendre dans n'importe quelle agence, prendre le descriptif de la randonnée que vous voulez faire, louer un scooter et suivre votre GPS. 
Après une petite dizaine de kilomètres de marche avec notre sac à dos et notre pic nique de la journée, on découvre plusieurs petits villages sur notre GPS, donc on part à l'aventure !! Et là, après quelques champs de riz, c'est assez bizarre, on découvre une sorte de village fantôme, vide, les enfants sont à l'école et ils ne nous disent pas "hello" mais "goodbye", avec des grimaces! Le village de Ban Khun Mut semble t'il, est dans un état lamentable, les petites cabanes en tôles ondulées et en bambous sont toutes bancales. Les quelques femmes que nous avons rencontrées déambulent tristement dans leur habit traditionnel tout délabré! Rien de ce que l'on a pu à apprécié au Myanmar. Après le zoo humains, on se retrouve chez les parias de la société thaïlandaise, qui sont ces gens, d'où viennent ils, ont ils choisi cette vie là? A l'aube du 3ème millénaire, l'être humain a t'il encore sa place dans ce monde? L'économie, le matérialisme et l'individualisme sont donc les nouvelles valeurs de l'humanité? On ne restera pas dans ce village où nous n'avons pas non plus notre place. La descente se fait rapidement, avec de nombreuses interrogations concernant notre passage sur la terre. On s'arrête pic niquer au bord d'une petite cascade pour déguster notre dernière boîte de pâté pur porc de Bigorre que Sébastien nous avait ramené, ça nous remet d'aplomb pour repartir et enfourcher notre bécane pour notre retour vers Chiang Mai, quand un joli papillon fait son apparition!


On finit l'après midi au marché à la sortie de l'autoroute de Chiang Mai, avec un énorme marché à ciel ouvert, coloré et animé, on a envie de tout goûter!! Les marchés c'est quelque chose en Asie, mais en Thaïlande encore plus qu'ailleurs! La Thaïlande c'est vraiment l'île de la tentation! En plus, vous avez un plat copieux pour 40 bahts, 1€, avec des vraies saveurs, des mariages subtils, on est fans des Pad Thaï, des brochettes marinées et des fruits du dragon, les pitayas. Je vous montre quand même à quoi ressemble le Pad Thaï, en deux versions: version 1 à 40 bahts dans un Resto ( autant vous dire qu'à 4h il me faut un goûter après ça ), la version 2, au même prix dans un boui-boui loin du carré touristique, là tu manges à ta faim!!


Mais revenons au marché, après ce petit écart de gourmandise!! Au marché en Thaïlande, tu trouves surtout des bizarreries à déguster : larves sautées, couleuvres et grenouilles aux OGM!! Et même des œufs en sachet!!  



La soirée se termine par un combat de boxe thaï au THAPHAE BOXING STADIUM, c'est pas quelque chose qui m'attirait à la base, mais notre guesthouse nous fait un petit prix sur le combat de ce soir, et on arrive à motiver Yves et Kevin, un frenchy débarqué tout droit d'Australie et un danois! L'ambiance est bonne, les paris montent, les voix s'élèvent et le ring s'enflamme sous les coups des boxeurs mais aussi des boxeuses !!



mardi 8 septembre 2015

Le train de Hsipaw à Pin Oo Lyin, par le passage du viaduc de Gokteik!

On avait pas spécialement prévu d'en faire tout un article au départ, mais ce trajet en train de Hsipaw à Pin Oo Lyin par le passage du viaduc de Gokteik, nous a tellement tous ravis par sa beauté, ses rencontres et les moultes péripéties qui nous ont été donné de vivre, que l'on a eu envie de vous partager les faits!!

Le départ du train est prévu à 9h40, être 20 min à l'avance suffit amplement, pour prendre un ticket. Nous choisissons de prendre notre ticket ordinary class à 1200 kyats, histoire d'être en contact avec les locaux. Le prix passe à 2700 kyats en deuxième classe. Le gars du guichet fera semblant de ne pas comprendre est vous prépara des tickets en 2nd, mais en insistant bien, il vous refera des tickets à la main, car oui ici comme au Sri Lanka, les billets sont en papier! 

Avant de prendre place, on admire les différentes installations de notre locomotive rouge et bleu. La tête de la locomotive est raccordée au premier wagon, un simple fils de fer tient les câblage électrique pour pas qu'ils traînent par terre, le système D c'est toujours plus efficace!!
Coup de sifflet, drapeau vert, 9h40, c'est le départ, ils sont ponctuels au Myanmar, du moins pour le départ...


On prend place aux sièges en bois numéro 25, 26, 27. Mais ici, c'est Free, on s'installe un peu comme on veut et ou l'on veut! Certains ont de grands pagnes qu'ils installent par terre pour s'allonger, d'autres sont en mode "taulage" les pattes en l'air, c'est comme à la maison! Une dame a installé une planche de bois entre 4 sièges pour faire un lit pour ses 2 fils, encore en pyjama! Bon faut le dire quand même, avant l'installation, il y a eu quand un big apéro, entre les mâles de notre wagon, histoire de se mettre en condition! Pour ça, la préparation est simple, dans une grande bouteille d'eau, on vide 1L de whisky local et on finit le remplissage à l'eau, le tout arrosé de bières et accompagné de bétel, l'anesthésie générale peut commencer. 



Le train roule en moyenne à 30 km/h, avec un certain "tanguage" brinquebalant permanent assez amusant et agréable en fait! Mais qui peut vite être dangereux si des marchandises volantes vous tombent sur la têtes, d'où le sanglage des bagages au dessus de nos têtes et un coin dédié aux marchandises! Autre particularité du train birman, c'est qu'il fait aussi office d'élagage des bas cotés de la voie ferrée, durant le trajet! Sans même sortir les bras par la fenêtre, vous serez fouettez par les feuilles, les branches et parfois même insectes qui vous sautent dessus sans crier gare! J'ai pu retrouver un guêpe toute écrasée entre deux pages de mon livre! On alterne donc élagage et paysage, et on se rempli l'œil une dernière fois de la belle campagne birmane!


Les arrêts de petits villages en petits villages se succèdent, et on a enfin des voisins et des voisines! Il est 11h du matin, mais déjà, le wagon s'attable! Chacun sort sa popote dans son petit panier en plastique et là s'est tournée générale!!! Thin Sa, une jeune femme de 24 ans nous propose des fruits et Siia, une dame déjà d'un certains âge nous achète carrément à manger : des nouilles sauce sucrée avec pleins de petits légumes assez spicy aussi, des brochettes de poulet caramélisées, et du jacquier! Les vendeuses passent avec leur gros panier entre les wagons pour proposer toutes sortes de choses! Et il y en a dans leur panier, des fruits aux bonbons, en passant par des jouets pour les enfants, des cigares et même des feuilles de bétel!!


On partage nos ananas, nos bonbons de Bagan et on achète des pommes cannelles, que Seb ne connaît pas! Et ça va être comme ça pendant trois bonnes heures, on va tourner les paquets et goûter à tout!! Siia nous sort même des pots maisons de salade de feuilles de thé, une spécialité d'ici que l'on avait pas encore eu l'occasion de goûter! C'est délicieux, les feuilles de thé baignent dans un mélange d'huile et de vinaigre légèrement pimenté, c'est très fin! On discute bouffe en langage des signes et on rit beaucoup, Siia nous parle toujours en birman comme si c'était notre langue maternelle et Thin Sa nous fait la traduction en anglais avec son smart phone! Mythique!



Vers 16h, on arrive avec pas mal de retard au fameux pont de Gokteik, que tout le monde attend, c'est là, pour les touristes l'attrait de ce fameux train, alors que pour les locaux c'est leur quotidien! Un peu d'histoire sur le Gokteik, pour mieux comprendre sa célébrité... Sa construction remonte à 1901, haut de 97m, long de 688m, c'est le deuxième pont le plus haut du monde à l'époque de sa construction! Et ça donne ça!!


Le train ralenti, on doit faire du 10km/h, c'est pas le moment de dérailler! Bon normalement, il est interdit de se pencher, de sortir à moitié du wagon avec sa Go Pro, mais tout le monde se lache et y va de bon cœur! Même les locaux sont à demi perchés pour voir le fossé sous nos yeux! Côté gauche, une cascade s'improvise avec la saison des pluies, tandis qu'à droite c'est droit, c'est le grand vide vert! Ca ne dure que quelques minutes mais on est tous surexcités par la hauteur du vide et beauté du spectacle!




Le voyage continue, et quel voyage, à peine 10km après le passage du viaduc, le train s'arrête sec! Il y a un éboulement, un énorme caillou est sur la voie ferrée, et un arbre est complètement déraciné près à nous tomber dessus! Et là, on vit l'exceptionnel, tous les hommes du wagon descendent, une pioche, une pelle, ou piolet a la main, pour exploser le caillou en mille morceaux et l'évacuer sur le bas côté du chemin! C'est pas en France que l'on verrait ça avec notre SNCF! En 30 minutes l'affaire est réglé, le caillou désagrégé et l'arbre abattu! C'est du travail de pro! 



Et c'est pas fini, les obstacles s'enchaînent, on est plus à 15 min près, on a 2h30 de retard mais qu'est ce qu'on passe des bons moments; maintenant c'est la rivière! Avec la mousson, une rivière s'est formée sur la route! Pareil, tout le monde ressort pour regarder le problème, le conducteur décide de passer tout doucement, ça va le faire! Ok! Tout le monde remonte, et ça passe, on ne déraille pas! Alleluia ou plutôt devrais je dire merci bouddha! Voilà, l'aventure se termine après 10h de train ( au lieu de 6h30 normalement ), on arrive trop tard pour le bus qui va jusqu'à Mandalay, pas grave on prendra un pick up, mais on a passé une pure journée sans voir le temps passer, dans un des trains les plus mythiques de notre voyage, avec des gens extraordinaires!