lundi 25 mai 2015

L'Île d'Olkhon, la perle de Sibérie


On ne s'attarde pas non plus à Irkustk où nous ne passons que la nuit, pour pouvoir profiter pleinement du lac Baïkal et de la belle île d'Olkhon. Il semble que le printemps soit définitivement arrivé dans toute la Russie, et même la Sibérie est sous le soleil! Depuis plusieurs jours, ce que l'on appelle le bras de "la petite mer" de 2km qui relie le continent à l'île d'Olkhon a fondu! Après nos 6h de mini van avec notre chauffeur fou, nous utilisons donc le ferry pour atteindre ce bras de "mer" et non l'hydroglisseur ou l'aéroglisseur de l'île comme c'est possible en hiver.


On ne connaissait rien de cette mer intérieure qu'est le Baïkal, mis à part son nom! Aujourd'hui on sait un peu plus sur l'ampleur de sa beauté et de ses richesses! 


Avec 636 km de long et 1642 m de profondeur, ce lac de 3,15 millions d'hectare concentre à lui seul 1/5 des réserves d'eau douce de la planète. Toute cette eau, pourrait à elle seule abreuver l'humanité toute entière en eau potable pendant plus de 40 ans. L'eau du lac est extrêmement pure même si au port de Koujhir, au sud de l'île, des carcasses de vieux navires russes ont pris possession des lieux. 


Le lac se fige complètement de mi-décembre à mi-mars avec des températures atteignant les -40, les véhicules circulent alors librement sur le lac, parfois non sans danger! Certains y laisserons leur voiture, d'autres leur vie... Nombreux sont ceux qui l'appellent le lac "Diedouchka Baïkal" soit Grand Père Baïkal, comme un vieux sage à aimer et à respecter, pour que chaque jour, sa beauté soit renouvelée. Nous assistons les premiers jours au dégel du lac de la "petite mer" sous un soleil radieux, les températures restent cependant fraîches et le vent glacial! Le silence et les premiers oiseaux migrateurs sur le bleu du ciel et de l'eau nous bercent dans un décor surréaliste. 



L'endroit est d'une beauté rare et d'une paisible tranquillité; tout comme le cœur de Serguei, notre hôte "couchsurfeur". Serguei est le carillonneur de la petite église orthodoxe, mais pas seulement, c'est un personnage clé de l'île! Il a eu l'idée de bâtir "Philoxenia" ou l'amour de l'étranger, une maison qui accueille des hommes et des femmes, des pèlerins, des routards, des vagabonds du monde entier, comme il aime le dire. Ce philosophe altruiste à l'éternel optimisme joue une place essentielle dans ce village de 1300 habitants; tout comme l'auberge Nikita, qui développe le tourisme depuis la fin de l'ère soviétique pour apporter l'eau courante, l'électricité et l'assainissement. Il y a encore 25 ans, l'île fonctionnait avec 2 générateurs allemands de l'après guerre! L'eau courante reste un gros problème pour beaucoup ainsi que le tout à l'égout. Il reste encore tant de choses à faire, nous dit Sergei, qui voudrait que l'hôpital s'équipe d'un laboratoire d'analyses sanguines et de médecins spécialistes. Valérie, si tu nous lis, ce message est pour toi... 


L'île d'Olkhon est à l'origine peuplée par les Bouriatres, les descendants des Mongols. Aujourd'hui, elle est d'une grande mixité avec diverses ethnies Russes, Bouriatres et même quelques européens. La petite église orthodoxe est tournée sur le lac, à 500m du Rocher du Chamane, lieu sacré des Bouriatres, au moment du dégel du lac. Orthodoxie et chamanisme cohabitent dans le respect de chacun. Au sommet de la colline, 13 poteaux marquent l'entrée du sanctuaire et chacun symbolise une divinité. Ces 13 totems et aussi des arbres sont entourés de tissus colorés bleu, rouge, vert, jaune représentatifs du chamanisme. Le sol est jonché de pièces en guise d'offrande face au Rocher, de sachets de thé, de bonbons Haribo et même de bouteille vide de vodka. La légende dit " l'arbre est sacré. Enserre son tronc d'un ruban et fait un vœu. L'arbre grandira, grossira et un jour le ruban tombera, et ton vœu sera accompli..."



Autre décor tout aussi surréaliste celui du "Far Est" comme l'appelle les russes. Ici à Oklhon, il n'y a ni bitume, ni asphalte pour faire office de route même à l'aérodrome. Juste une piste balisée qui traverse l'île d'est en ouest qui passe par le sud par le village de Koujhir. Et des centaines de chemins hors pistes qui font le bonheur des UAZ, ces vieux fourgons soviétiques à 10 places qui ressemblent au mini bus Volkswagen surélevé! Il y a aussi le modèle imitation Jeep!


Aujourd'hui, on a décidé de mettre la main à la pâte! JC est réquisitionné pour transporter des brouettes de terre!! Un travail d'homme ça! Pour ma part, je suis bonne pour gratter les salissures de peintures des châssis de fenêtres, de ceux qui ont peint la maison un peu à l'arrache. 



A Philoxenia, c'est un peu l'auberge espagnole, ça va, ça vient, des couples se forment, même! A notre arrivée, nous sommes 2 russes, Max et Yvan, 2 allemands, Sophia et Jasper, 2 coréens, Kishma et Kori. Chaque jour quelqu'un partira. Personne ne les remplacera. Nous finirons notre séjour à 4 avec Max et Yvan, pour attaquer le chantier d'isolation. Actuellement, plus personne ne dort à Philoxenia mais dans la maison de Sergei en construction! Il fait donc assez froid sans isolation! La nuit, j'ai 4 couvertures plus mes habits techniques, gants et bonnet compris! La cuisine fait également office d'établi, c'est le chantier ici! 


Entendre Sergei sonner les cloches le 9 Mai pour la messe commémorative des soldats décédés dans ce grand silence est émouvant. Les cloches n'ont pas de tintement funestes, au contraire, c'est le cœur de Sergei qui chante! Il ne reste plus grand chose du lac glacé de notre premier jour. Nous faisons une petite pause pour voir encore et encore le lac; chaque jour sa beauté est différente. On comprend vite que chaque saison est magique. Aujourd'hui il y a encore plus d'oiseaux migrateurs, et des fleurs parme au bouton jaune font leur apparition sur la taïga.


Le lendemain, nous décidons de faire "l'excursion" phare d'Olkhon avec l'auberge Nikita; à savoir aller à la pointe de l'île au nord, au Cap Khoibi. Départ 11h, à bord d'un des UAZ de l'île pour découvrir les merveilles de l'île. En fait l'excursion n'en est pas vraiment une!! Le conducteur est russe et nous ne saurons rien des lieux! C'est un peu décevant car la sortie n'est pas donnée ( 800 roubles, repas compris ), surtout que l'on sait que chez Nikita, ils ont des gens qui parlent français ou du moins anglais! Bref... Heureusement que les paysages envoûtants sont à la hauteur car ce n'est pas non plus le maigre repas à base de soupe d'oumoul, ( le poisson du lac Baïkal ) que l'on nous sert qui vaut le prix de la sortie!



                     
 On consacre nos deux derniers jours aux travaux d'isolation des murs. Pour cela, il faut d'abord percer les murs avec une scie cloche, pour faire des fenêtres de coucou comme dirait Sergei! J'ai d'ailleurs appris à manier cet engin et fait mes premiers trous à la scie cloche, très fière de moi!! Ce travail a bien pris une journée vue la taille de la maison! Puis ensuite, il a fallu bourrer les murs de laine de cellulose avec une grosse machine qui souffle l'isolant dans le mur. En 48h, c'est devenu un chantier pas possible!! On a tous bien mordu la poussière!


Après tout ça, un bon décrassage s'impose au banya. Il est d'ailleurs impossible de venir en Russie sans tester ce sauna traditionnel et surtout à Oklhon car les douches se font rares et payantes! Le banya, c'est 4 pièces, de plus en plus chaudes pour atteindre une température avoisinant les 90 degrés. Et ça monte, vite... Surtout que JC s'amuse a jeté des sauts d'eau entier sur les pierres déjà brûlantes, la dernière pièce devient vite insoutenable! La séance dure 1h, mais comme la saison est à peine commencée, on traine 1h20 à se gommer, se prélasser, puis on assiste au coucher du soleil...


Nous n'oublierons pas notre passage à "Philoxenia 2"! Et on espère bien revenir un jour, en hiver pour marcher sur la glace, se baigner dans les eaux gelées du Baïkal selon la tradition et gagner peut-être 10 ans de longévité, ou encore partir en expédition dans le grand nord! Sergei nous a promis la même grande chambre ( isolée et chauffée, cette fois ) face au lac Baïkal; quant à nous, on lui promet de lui faire du bon pain français et un vrai tiramisu dans sa vraie cuisine!!

La vie est ainsi faite de rencontres que l'ont n'oublies pas! Sergei, parle lui de la providence! Le hasard est la main de Dieu, qui nous amenée à Oklhon. 

lundi 18 mai 2015

Le mythique transsibérien !!!

Nous y voilà, 12h15, gare de Moscou Kazanskaya 3, nous avons quasiment une heure d'avance. Le train en direction de Ulan Ude est déjà là, et nous sommes nombreux à attendre l'ouverture des portes. Après un contrôle méticuleux de nos billets et de nos passeports, nous prenons place à bord du wagon 17. Le "samovar", un des hommes de bord nous fournit des draps, une taie d'oreiller et une petite serviette de toilette emballés dans un paquetage. Quand nous avons parlé mercredi soir à la table moscovite francophone à Axana, Nikita et Alina de notre intention de prendre le transsibérien en 3ème classe dite "Platzkart" pour rejoindre Pékin, ils nous ont regardé les yeux ronds écarquillés, en se disant, "ils sont complètement fous. Il n'y a que les français pour vouloir tenter cette expérience longue, inconfortable et sans intérêt!"


En effet, qui rêve de voyager 40h en train couchettes par wagon de 54 personnes? Et bien, même, si pour nous c'est encore une expérience mythique que de prendre le transsiberien, pour les russes c'est uniquement un moyen d'aller d'un point A à un point B! Pour nous, c'est avant tout l'occasion une fois de plus de rencontrer et de partager nos vies avec des inconnus dans le folklore russe tout en découvrant des contrées lointaines , comme l'île d'Okhlon en Sibérie ou les steppes de Mongolie.Notre premier vrai stop intéressant doit se faire à Irkutsk, soit 82h de train, on a donc préféré découper le trajet en deux avec un stop à Omsk même si cette ville n'est pas trépidante de vie, on aura de 9h pour se dégourdir les jambes puis rencontrer de nouveaux compagnons de route sur la 2ème partie du voyage.


Le transsibérien ce n'est pas comme on pourrait le croire juste un seul et unique train. C'est plutôt une ligne de chemin de fer qui traverse de nombreuses gares ( 950 au total ) sur 10 000 km. Et il faut souvent changer de train pour arriver à destination finale. Il existe en fait 4 lignes : le transsibérien, le transmongolien, le transmandchourien et la ligne Baïkal-Amour. La ligne existe depuis 1900 et à l'époque tsariste, une voiture-église était parfois attelée!! 

Je pense clairement que nous avons hérité des pires places qu'il puisse exister dans ce wagon! On n'a pas eu notre mot à dire sur le choix des places à la gare, la mistinguette du guichet ne parlant pas un mot d'anglais, on s'est contentés de prendre nos billets. Pourtant j'avais bien lu l'article de nos amis blogueurs "l'Eusses tu cru", qui disait quelles places éviter. Bref... Nous sommes sur les couchettes supérieures, ce qui est quand même bien pratique, car il est impossible de tenir assis à cette place, sauf si tu fais moins d'1m40! Il faut donc que ton voisin du dessous accepte de partager sa banquette. De plus, nous sommes aux places 34/36, c'est à dire celles à côté des toilettes, et là, je vous épargne les allés venues incessantes et les claquements de portes à répétition! En dessous de moi, se trouve une dame avec son fils, qui ne tient pas en place! Une petite tête blonde hyperactive! Tout le monde a déjà enlevé ses chaussures et mis ses petites claquettes ou tongs. Et pour couronner le tout, les wagons sont surchauffés à 28 degrés! Histoire de diffuser la bonne odeur et que l'on cuise tous sur place! Chacun se met donc à son aise! Je n'ose imaginer l'odeur d'ici quelques heures entre les toilettes, les pieds et la transpiration, mon cœur balance... À 13h10 au départ du train, certains sont déjà même en pyjama, près à affronter les longues heures qui nous attendent.




A bord, le service est agréable, deux hommes de cabine se relayent pour nous proposer régulièrement à manger ( et entretenir le wagon : les sols et les toilettes ). Bon,ce n'est pas le bar du TGV mais vous avez des nouilles chinoises déshydratées, des biscuits sucrés salés, des barres chocolatées, des boissons non alcoolisées! De l'eau bouillante entre et 80 et 100 degrés est à disposition en permanence également en tête de wagon. 


On peut aussi acheter des tasses en verre avec un socle en fer ou des pantoufles à l'effigie du train. Pour ceux et celles qui nous connaissent "des caminos", on a repris nos bonnes vieilles habitudes : notre casserole et notre bombone de gaz pour se faire des vraies pâtes, nos boîtes de sardines et de maquereaux! Manque juste le saucisson! Mais, on a le magret de canard séché du Gers, que l'on va attaquer dès ce soir, car ça fait un bon mois qu'il voyage celui là!! De Tarbes à Moscou en passant par le Sri Lanka, il en aura vu du pays!


A chaque arrêt, le nom de la gare est imprononçable, ça donne ça en écriture cyrillique Локомотивное Депо! Des vendeurs de verres, d'assiettes, de lustres même, se présentent aux portes du train espérant trouver des amateurs. C'est peut être une ville réputée pour sa cristallerie? Peut être à chaque arrêt, on découvrira l'artisanat local ou la boisson ...


Je croise la chef de train, une grosse dame russe de la cinquantaine, bien typique comme on peut l'imaginer! Je lui montre le tableau d'affichage des 28 degrés, je baisse mon pouce pour lui montrer qu'il faut diminuer la température. Elle me marmonne quelques mots en russe et me montre la fenêtre! Elle est mignonne, les fenêtres ne s'ouvrent pas ma cocotte! Elle doit le savoir! Elle voit bien que tout le monde suffoque! Le gosse est même en calbute, et les adultes s'y mettent! On enlève le haut ou le bas! Ambiance décontractée! 

A 19h30, le couple en couloir s'en va déjà, ça nous laisse 2 places assises pour s'asseoir sans gêner les autres qui ont déjà comme tout le monde installés leur matelas et leurs draps pour la nuit. Pas de vendeurs de verres ou autres cette fois ci! On va pouvoir manger sur une vraie table à trois! Bah oui, on s'est déjà fait un pote : Thomas, 4 ans avec son pistolet et son sabre laser!! 


Je galère avec mes bols d'eau bouillante, le "samovar" lui aussi en pyjama me vient en aide, il me ramène un grand saladier, je ne dois pas traverser tout le wagon en risquant de m'ébouillanter et d'asperger les pieds qui dépassent des banquettes sur mon passage. Ah oui, si tu fais plus d'1m75, t'es aussi en galère! On partage notre repas bien évidemment! Il est fan des terrines de pâtés françaises et on apprécie aussi les œufs cuits durs mollet de sa maman! Et surtout les bonbons au caramel fourrés au lait concentré sucré! 

On a du remonté le temps dans la nuit, car quand je me réveille à 3h23, il fait déjà jour et froid ( 20 degrés dans la cabine ); oui je sais c'est précis! Mais je suis installée juste en face de l'horloge. En fait, le train reste à l'heure de Moscou, mais il est en réalité 3h de plus. La Russie est si grande qu'elle est soumise à différents fuseaux horaires, donc pour plus de facilité tous les trains sont à l'heure de Moscou et l'affichage dans le train idem. On a donc laisser l'iPhone à l'heure de Moscou et l'iPad a l'heure de Osmk, mais j'avoue c'est un peu déroutant au début! 

Je décide de partir à l'aventure dans le train, à la recherche d'une potentielle douche! Dans le wagon 16, on dirait comme une colonie de vacances car il n'y a que des ados de 16/18 ans! Et ça fouette grave un mélange de vinasse, de bière et de vodka! Tout le monde puance; et dans le wagon 18, ça dort également normal à 4h du mat tu vas me dire. Je remonte le 19, 20, 21, en espérant arriver en 2nde ou 1ère classe et trouver une douche, mais niet, rien, nada! 

Je regarde le beau paysage par la fenêtre, histoire de passer un peu le temps, sans réveiller tout le monde, toujours pareil depuis notre arrivée en terre russe : des bouleaux. On alterne : petits villages de maisons en bois colorées au toit de taule, no man's land à perte de vue, puis encore et toujours des bouleaux!! Il y a quand même une variante très intéressante entre les jeunes bouleaux, les vieux bouleaux; et en avançant nous avons nos premiers pins, puis enfin les mélèzes de Sibérie! 


Nouvel arrêt, le soleil brille! On a perdu encore un voisin en route. A noter quand même, que les  "samovar" te préviennent quand tu dois descendre, ils ont un listing avec les arrêts de chaque passager! C'est plutôt pas mal, car avec le décalage horaire, y a de quoi se planter, et en plus les gares ne sont pas annoncées! Bon du coup, il y a 3 banquettes de libres!! Une heure plus tard, Thomas et sa maman nous quittent! Nous sommes comme 2 cons dans nos 6 banquettes! Le temps va passer beaucoup moins vite! Heureusement, j'ai un bon polar mongol dont l'intrigue se joue à Oulan Bator, histoire de me mettre dans l'ambiance. JC va lui attaquer le montage vidéo du Sri Lanka, ça va l'occuper une bonne partie de la journée.

40h de voyage déjà! A Omsk, il est 05h38 du matin heure moscovite, 8h38 heure locale! On a très peu dormi de la nuit, entre les allés venues et la ***** de porte des toilettes que les russes claquent a tout bout de chant!! On est un peu dezingués par le rythme et le décalage horaire. On dépose notre barda au sous sol de la gare pour 150 roubles chacun et direction le centre ville. On a 9h pour se dégourdir les jambes, respirer le bon air frais et admirer la belle église d'Omsk. Concrètement cette ville est sans intérêt! On en profiter pour envoyer des bricoles par la poste ( les matrioshka, poupées russes ; JC a craqué, c'est pour les mettre dans notre future maison un jour, a t'il dit...), on écrit nos cartes postales, on profite de la wifi du centre commercial pour avancer dans nos chinoiseries.


14h55 heure moscovite / 17h55 heure locale, on repart!! Je m'y perds franchement dans les horaires! Même à l'entrée de la gare de Omsk, c'est l'heure moscovite d'affichée! Faut s'y faire!
Nous sommes installés cette fois en couchette inférieure 29/31, en avant dernière place avant les toilettes. Gros avantage, nous avons une prise électrique, ça c'est vraiment top, on va pouvoir recharger nos appareils et se mater la saison 1 de "Game of Thrones" ( merci Garab!! )! Le train semble plus vieux et surtout plus crasseux. Les "samovar" sont deux femmes et ce ne sont pas des as du nettoyage! Je désinfecte notre table dégueulasse avant de poser notre attirail de dînette, au menu ce soir : pâtes et truite saumonée fumée achetée sur le quai de la gare lors d'un de nos arrêts! On arrive aussi à choper des bières fraîches, forcément il fait 6 degrés dehors, achetées aux femmes sur le quai, c'est interdit de vendre de l'alcool sur la voie comme dans le train, donc elles les planquent dans des gros cabas, mais tout le monde est au courant de ce business! La soirée promet d'être bonne, nous sommes à deux, dans notre compartiment pour 6! On se fait un plateau repas pâtes à la truite saumonée avec notre bonne bière et on enchaine les épisodes de "Games of Thrones", dès le deuxième épisode, nous sommes pris en haleine!! On se couche à 1h du mat heure locale mais 21h moscovite, du coup quand on se réveille, il est 13h heure locale! Va falloir qu'on change notre rythme, sinon on va pas tenir! 



Nouvel arrêt de 45min! On va se dégourdir les jambes au alentours de la gare, en pyjama-doudoune-tongs, on a la classe... Ou pas! On se fait inviter à poser aux répétitions du défilé 9 mai devant une locomotive d'époque! Ah les fransozen!!  


Étant donné que nous avons la seule prise du wagon; nous voyons défiler tout le wagon pour recharger les batteries! Tout le monde nous confie son matos et nous ramène des gâteaux, bonbons, du thé, du sucre même en guise de remerciement!! 


On échange quelques mots, on fait des rébus pour se comprendre et on joue au langage des signes! Pas évident mais on arrive à se comprendre! Nos 42h passent relativement vite en fait! Nous arrivons à Irkustk à 12h55 heure locale après 82h de transsibérien, soit 91h de voyage au total depuis Moscou! Pour ceux qui n'aurait pas envie de vivre l'expérience mythique de la 3ème classe du transsibérien, il y a une ligne Moscou / Irkustk en 6h de vol, pour le même prix! 

Des rencontres francophones à la table moscovite ... à la découverte de la ville !!


Notre retour sur Moscou se passe mieux que notre première arrivée il y a 5j! Déjà on arrive de bon matin et on est quand même un peu familiarisé avec les lieux! On a surtout télécharger une bonne application du métro moscovite avec les deux écritures! Nous avons rendez vous ce soir avec Axana, une russe qui suit plusieurs blogs de backpakers dont le nôtre pour maintenir son niveau de français! Elle nous invite aux rencontres francophones de la table moscovite, organisé par Mister Mickaël Legrand pour ne pas le nommer! Un groupe qui s'adresse à tous les francophones de Russie qu'ils soient expatriés, de passage ou qui ont juste envie de pratiquer le français. On passe une super soirée en compagnie de ce petit groupe de 30 personnes environ et surtout on débat de beaucoup de sujets de conversation. Alina, Nikita et Axana nous éclairent sur le mode de vie en Russie depuis la fin de l'ère soviétique! Axana est une grande voyageuse, son adage c'est "je ne veux pas travailler", d'ailleurs quand on lui demande ce qu'elle fait dans la vie, elle pousse la chansonnette! Elle parle très bien français, pour avoir séjourner 7 mois au Maroc, en Belgique, et bien-sûr en France! Alina a appris le français à l'école, elle vient pour la première fois en France le 20 juin pour la fête de la musique! Si d'ailleurs quelqu'un souhaiterait lui faire découvrir Paris, elle en serait ravie! Quand à Nikita, il a vécu 4 ans en France, son français est  impeccable et il connaît parfaitement la politique française! Il espère poursuivre ses études en France l'année prochaine! On parle des océans, de la planète, de l'histoire, de la vie! On se sent bien avec ses 3 là! Si bien qu'ils se proposent de nous faire découvrir Moscou demain!


Avant de rejoindre nos nouveaux amis russes, on s'extasie devant la beauté du théâtre d'un opéra du Bolchoï!! On aurait tellement aimé assister à un grand ballet comme le lac des cygnes de Piotr Illitch Tchaïkovski, mais ça se réserve des mois à l'avance une place d'opéra, et ça coûte très très cher malheureusement... Heureusement il y a YouTube de nos jours!


Cette ville, symbole de l'ex URSS qui m'a parut si déshumanisée la première fois me paraît aujourd'hui pleine de vie et d'avenir en compagnie d'Axana et de Nikita!! On se donne rendez vous près de la place rouge qui est comme d'habitude en grand chambardement! On approche du 9 mai, et tout le pays est en effervescence pour fêter la libération de la nation qu'ils appellent "The Victory Day"! C'est en plus les vacances scolaires depuis 25 avril jusqu'au 4 mai, c'est donc noir de monde! 


Bien-sûr, des drapeaux rouges flottent de partout! Des gradins aux couleurs du pays sont installés sur la place en prévision du défilé du 9. Partout dans la ville des expositions de photos et des témoignages de récit de guerre sont installés pour la grande occasion. Car, pour eux ils sont les héros de cette grande guerre. Je parle avec Nikita de ce que l'on nous apprend à l'école en France là dessus! Il nous parle de la propagande dans son pays. Chaque peuple à son histoire. Dans nos livres nous abordons peu la collaboration de Pétain avec l'ennemi, on préfère parler de la résistance et de la libération de De Gaulle. Pour eux c'est pareil, on évoque peut les 80 millions de mort sous Staline, les goulags etc... Nikita est conscient de tout ça. D'ailleurs c'est pourquoi il a toujours peur de son pays et qu'il voudrait rejoindre la France. Axana est aussi consciente de la propagande et de la politique d'intimidation du pays, tous ses cortèges de chars, ses escadrons qui défilent, etc... On se promène dans tout le Kremlin, de St Basille le bienheureux, chef d'œuvre de l'art néo-russe, aux remparts. Le mausolée de Lénine est fermé en vue des préparatifs du 9! Mais on croise dans les rues piétonnes, devinez qui...? Lénine et Staline en pleine réorganisation du pays!!




On visite l'équivalent de nos galeries Lafayette qui sont de toute beauté également. Pour l'occasion un pigeonnier rempli de colombes trône au mieux des galeries surmonté d'un arbre japonais symbole de la liberté. 


On va aussi dans un grand magasin de jouets, digne d'un Disneyland pour avoir au dernier étage une vue à 360 degrés sur Moscou! Dommage que le ciel soit tout gris, car la vue sur le Kremlin est jolie. Dans ce magasin, de la fusée géante de Youri Gagarine au premier chien qui a été envoyé sur la lune, on est toujours dans la propagande du pays même dans le jeu.


Vue du ciel, Axana nous montre les fameux gratte-ciel Stalinien construits au lendemain de la 2nde Guerre Mondiale. Ces appartements devaient être au nombre de huit afin de symboliser les huit cents ans de la capitale (1147-1947). Sept furent finalement construits, ils sont surnommés les "Sept Sœurs de Moscou".


La promenade se poursuit vers la nouvelle cathédrale toute jeune de 20 ans qui a été reconstruit après la chute de l'ex URSS. Des ponts-canaux, on rejoint la belle statue disproportionnée du fondateur de la ville, plantée dans l'eau du canal, d'ailleurs pas très apprécié des russes...


On arrive dans un parc qui était avant une sorte de parc d'attraction avec des montagnes "américaines"! Paradoxalement les russes parlent de montagnes américaines pour leur grand huit! Qui sait pourquoi, nous disons montagnes russes alors? Si quelqu'un peut nous éclairer là dessus. Aujourd'hui ce parc est en rénovation ( comme une grosse partie des immeubles russes ) à vrai dire. En hiver, quand Moscou atteint les -30 / -40, le lac sert de patinoire! En été, on peut venir prendre des cours de danses.


Évidement une séance shopping s'impose! On hésite encore en souvenir entre les poupées russes version présidents francais ou version russe!? JC remet le béret pour l'occasion! Je pense qu'il souhaite se réengager...


On termine cette belle journée par un vrai repas russe! On a testé dans la rue des sortes de chaussons fourrés au choux, à la viande, aux oignons et au poisson : les pirojkis, les kulyebyakas et les rybniks; je ne sais plus qui est quoi dans tout ça! Ca passe bien sur le pousse le midi! Le soir, on se pose dans un vrai resto; JC choisi le Borsch, une soupe à base de betterave rouge, assez sucrée mais avec de la crème fraîche ça passe très très bien! Je prends pour ma part une soupe de poissons avec des pommes de terre, oignons, légumes, qui ressemble un peu a une bouillabaisse. On boit du jus de cranberries, c'est un rituel ici! En plat, JC prend un steak à la française, qui n'y ressemble pas du tout et moi une kartoffel fourrée à la viande et aux oignons, plutôt pas mal ce repas russe mais quand même assez gras à notre goût!